L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a décidé jeudi 15 octobre d’accélérer la mise sur le marché de plus de 20 millions de barils de gazole issus des stocks d’urgence de ses membres. La mesure s’inscrit dans l’action collective annoncée en mars face à la crise du détroit d’Ormuz : il ne s’agit donc pas d’un nouveau paquet de réserves, mais d’un calendrier resserré pour des volumes déjà promis.

Selon le communiqué du conseil de direction de l’AIE, environ 330 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers ont été libérés depuis mars. Il resterait près de 100 millions de barils à débloquer. L’organisation, qui réunit 32 pays, précise que le total final pourrait dépasser l’engagement initial de 400 millions de barils, certains membres ayant fourni davantage que prévu. Elle demande aussi aux pays disposant de capacités de production et de raffinage d’augmenter leur offre, en particulier de gazole.

Cette accélération intervient alors que les perturbations liées aux conflits au Moyen-Orient et entre la Russie et l’Ukraine poussent les cours du gazole à des niveaux élevés. Reuters rapporte que le contrat européen de référence sur le gasoil s’échangeait à 1 430,75 dollars la tonne vers 15 h 12 GMT. Il a légèrement progressé après le communiqué, signe que les opérateurs espéraient peut-être une réponse plus ample.

Le chiffre annoncé reste en effet inférieur aux 50 millions de barils de gazole évoqués auparavant dans les discussions européennes, selon l’agence de presse. L’Espagne a, de son côté, indiqué qu’elle libérerait 4,4 millions de barils de ses réserves stratégiques en octobre, sans préciser la part exacte de gazole.

Pour les consommateurs, l’effet sur les prix à la pompe ne sera ni automatique ni immédiat. Il dépendra du rythme réel des sorties de stocks, de la capacité des raffineries, des coûts de transport et de l’évolution des conflits. L’AIE doit continuer à suivre le marché et pourra recommander d’autres actions après une nouvelle évaluation centrée sur le gazole.