Le marché mondial du diesel pourrait rester sous forte tension jusque bien en 2027. C’est l’avertissement lancé le 14 octobre par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport mensuel sur le pétrole. Les pertes de production au Moyen-Orient et en Russie, combinées à des coûts de transport maritime élevés, continuent de limiter l’offre alors que l’hiver approche.
La prévision appartient à l’AIE : les articles de Reuters et d’Euronews consultés analysent le même rapport et ne constituent pas deux projections indépendantes. Selon l’agence, les prix livrés du diesel pourraient de nouveau augmenter dans les prochaines semaines en Europe, en Afrique et en Amérique latine. Les marchés de gros ont déjà atteint des niveaux exceptionnels dans plusieurs grandes zones d’importation.
Les réserves stratégiques servent de premier amortisseur. Reuters rapporte que 331 millions de barils issus de l’action collective coordonnée par l’AIE avaient été libérés à la fin de septembre. Des volumes restaient encore à débloquer : 46 millions de barils pour l’Europe, 40 millions pour les Amériques et 10 millions pour l’Asie-Océanie. Le 2 octobre, les dirigeants du G7 ont demandé d’accélérer les livraisons prévues, en donnant la priorité au diesel.
Ces stocks peuvent réduire les tensions immédiates, mais ils ne créent pas de nouvelles capacités de raffinage. L’AIE estime que la reprise de certaines productions du Golfe ne suffit pas encore à compenser les pertes accumulées. Elle souligne également que les difficultés du fret pétrolier se propagent à plusieurs catégories de navires, ce qui renchérit le carburant au moment même où il doit être acheminé vers les régions importatrices.
L’enjeu dépasse le prix à la pompe. Le diesel alimente une grande partie du transport routier de marchandises, de l’agriculture, du bâtiment et de groupes électrogènes. Une hausse durable peut donc se transmettre aux coûts logistiques et aux prix de nombreux produits, avec des effets très différents selon les dispositifs fiscaux nationaux.
Le rapport ne prédit pas une pénurie uniforme dans chaque pays. Il décrit un équilibre mondial fragile, dépendant de l’évolution des conflits, du calendrier des raffineries, du fret et de la vitesse de libération des stocks. La distinction est essentielle : l’AIE alerte sur un risque prolongé et sur des marges de sécurité qui s’amenuisent, pas sur une rupture certaine et simultanée partout.



