Les réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale se sont achevées dimanche 18 octobre à Bangkok sans nouvelle initiative majeure destinée aux pays en développement. Après une semaine de débats, le constat dressé par Reuters est celui d’un rendez-vous dominé par la dette, l’inflation, les guerres et l’incertitude entourant l’intelligence artificielle, mais qui n’a pas débouché sur une feuille de route nouvelle.

Le poids du service de la dette fournit la mesure la plus concrète de cette tension. Selon les propos de la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, rapportés par Reuters, les paiements moyens des pays en développement ont plus que doublé en dix ans pour atteindre 14 % de leurs recettes publiques. Cette charge réduit l’espace disponible pour l’éducation, la santé et les investissements de long terme.

Une croissance moins solide qu’avant les chocs

Le diagnostic dépasse la seule dette. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale, a indiqué que la croissance des économies en développement avait ralenti autour de 3,6 %, contre 4,4 % auparavant. L’économie mondiale a résisté aux derniers chocs énergétiques, mais cette résistance ne garantit pas la capacité d’absorber le suivant.

Le compte rendu officiel de la séance plénière confirme que les économies émergentes et en développement connaissent leur plus faible progression du revenu par habitant depuis la pandémie. Il mentionne aussi l’achèvement d’une révision des méthodes du FMI concernant la surveillance, les conditions de prêt et la soutenabilité de la dette des pays à faible revenu. Il s’agit d’un ajustement institutionnel, pas d’un nouveau mécanisme de financement annoncé à Bangkok.

Des appels à des réponses plus concrètes

La Banque mondiale met en avant la mobilisation de capitaux privés et affirme que les flux privés vers les projets de développement ont plus que triplé depuis 2022. Mais la baisse de l’aide publique et la difficulté à attirer des investissements étrangers demeurent des obstacles.

En parallèle, Associated Press a constaté que des manifestants réunis à Bangkok avaient placé la pauvreté, la pollution et les inégalités au cœur de leurs critiques. Cette mobilisation ne mesure pas à elle seule l’opinion des pays concernés ; elle montre toutefois que la question de la répartition des coûts a accompagné les discussions officielles.

Le bilan est donc contrasté : les institutions ont documenté des risques plus lourds et révisé certains outils, mais le rendez-vous s’est refermé sans dispositif nouveau à la hauteur des demandes exprimées par plusieurs représentants du monde en développement.