La flambée des prix du pétrole et du gaz provoquée par la guerre contre l’Iran pousse de nombreux gouvernements à réduire leur dépendance aux combustibles importés. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie citées par l’Associated Press, 33 gouvernements avaient adopté au 9 septembre des mesures d’électrification ou d’efficacité énergétique en réponse au conflit.
Les réponses vont des aides aux véhicules électriques et aux pompes à chaleur à la rénovation des bâtiments. La Chine cherche à améliorer l’efficacité de l’industrie lourde et à électrifier davantage les poids lourds ; l’Inde et l’Indonésie soutiennent les cuisinières électriques pour réduire les importations de gaz de pétrole liquéfié. L’AIE souligne plus largement que 150 pays disposent désormais de politiques actives en faveur des renouvelables ou du nucléaire, et 130 en faveur de l’efficacité ou de l’électrification.
Un signal politique, pas encore un basculement
Ces décisions n’ont pas encore produit une baisse mondiale des émissions. Climate TRACE estime qu’elles ont augmenté de 0,2 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025. L’investissement mondial dans l’éolien et le solaire a également reculé sur un an au premier semestre, principalement en raison d’une baisse en Chine, même s’il a progressé dans plusieurs économies importatrices d’énergie.
Le paradoxe est renforcé par les mesures d’urgence : certains gouvernements soutiennent les technologies propres tout en réduisant les taxes sur les carburants ou en développant de nouvelles capacités fossiles. Les aides immédiates peuvent soulager les ménages, mais elles réduisent aussi l’incitation à changer d’énergie.
La sécurité énergétique change le débat
Le choc a renchéri de 330 milliards de dollars la facture des importateurs de combustibles fossiles par rapport aux anticipations d’avant-guerre, selon une étude citée par AP. Les capacités propres installées depuis 2020 auraient évité environ 36 milliards de dollars d’importations supplémentaires pendant les cinq premiers mois du conflit.
Il est donc trop tôt pour parler de victoire climatique. La crise élargit toutefois l’argument en faveur des renouvelables : elles ne sont plus seulement présentées comme un outil de baisse des émissions, mais aussi comme une protection contre les chocs géopolitiques. L’effet réel dépendra de la durée des politiques annoncées et de leur capacité à remplacer, plutôt qu’à simplement compléter, les combustibles fossiles.



