À quelques jours des principaux débats de l’Assemblée générale des Nations unies, les États-Unis ont annoncé le 16 septembre l’extension de restrictions de visas visant des membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et des responsables de l’Autorité palestinienne. Le département d’État invoque une loi américaine qui conditionne leurs relations avec Washington à plusieurs engagements politiques et sécuritaires.

Dans sa note officielle, l’administration affirme que les organisations palestiniennes n’ont pas respecté ces engagements, notamment en poursuivant des démarches devant des juridictions internationales et en soutenant ce que Washington qualifie de terrorisme. Ces motifs sont les accusations du gouvernement américain ; ils sont contestés par les responsables palestiniens et ne doivent pas être présentés comme des faits établis par une instance indépendante.

La mesure ne ferme pas entièrement l’accès à l’ONU. Le département d’État maintient une dérogation pour les personnels officiellement rattachés à la mission d’observation palestinienne auprès de l’organisation à New York. Selon l’Associated Press, la délégation politique de haut niveau, dont le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, reste néanmoins privée de visas. L’annonce officielle ne cite pas les personnes concernées une par une.

Cette distinction est au cœur du différend. En tant que pays hôte du siège de l’ONU, les États-Unis sont généralement tenus de faciliter l’accès des représentants étrangers aux travaux de l’organisation. Washington soutient que l’accord de siège comporte des marges liées à sa sécurité et à sa politique étrangère. Les Palestiniens et plusieurs États membres estiment au contraire que l’accès aux débats multilatéraux ne devrait pas dépendre d’un désaccord bilatéral.

L’épisode prolonge une confrontation déjà visible lors de la précédente Assemblée générale. Il peut conduire les responsables empêchés de voyager à intervenir par vidéo si les membres de l’ONU l’autorisent. Il ne modifie pas, à lui seul, le statut de la Palestine à l’organisation, où elle demeure État observateur non membre.

Au-delà du symbole diplomatique, l’enjeu porte sur la capacité de l’ONU à rester un lieu de confrontation politique lorsque son pays hôte refuse l’entrée à certains représentants. L’exemption accordée aux diplomates permanents évite une rupture complète, mais elle ne résout pas le désaccord sur la délégation appelée à prendre la parole au plus haut niveau.