La croissance française a de nouveau calé. Selon la première estimation publiée vendredi 30 octobre par l’Insee, le produit intérieur brut a reculé de 0,1 % au troisième trimestre 2026, après une stabilité au deuxième. Ce résultat ne suffit pas à caractériser une récession technique, qui suppose habituellement deux trimestres consécutifs de baisse, mais il confirme une économie presque à l’arrêt depuis le printemps.
Le détail des comptes éclaire davantage la faiblesse qu’un chiffre isolé. La consommation des ménages a progressé de 0,4 % et celle des administrations publiques de 0,3 %. En revanche, l’investissement a diminué de 0,6 %. Surtout, les exportations ont chuté de 1,7 % alors que les importations ont légèrement augmenté de 0,1 %. Le commerce extérieur a ainsi retranché 0,6 point à l’évolution du PIB. La reconstitution des stocks a compensé une partie du choc, avec une contribution positive de 0,4 point.
Le même jour, l’Insee a publié une estimation provisoire de l’inflation d’octobre. L’indice national des prix à la consommation augmenterait de 3,4 % sur un an, après 3,1 % en septembre. L’indice harmonisé utilisé pour les comparaisons européennes atteindrait 3,8 %, contre 3,4 % le mois précédent. Ces deux mesures ne doivent donc pas être confondues. L’accélération vient notamment de l’énergie, dont les prix progresseraient de 24,1 % sur un an. Les services avanceraient de 2,7 % et l’alimentation de 1,2 %, tandis que les produits manufacturés reculeraient de 0,2 %.
La juxtaposition d’un PIB en baisse et d’une inflation plus forte ne signifie pas que la demande intérieure surchauffe : la consommation a résisté, mais l’investissement et surtout les exportations ont pesé sur l’activité, tandis que l’énergie a porté la hausse des prix. Autrement dit, la contrainte sur le pouvoir d’achat se renforce au moment même où la production manque d’élan.
Ces données restent provisoires. L’Insee publiera les comptes trimestriels détaillés le 27 novembre et l’estimation définitive de l’inflation d’octobre le 13 novembre. Les révisions pourront modifier les décimales, mais le diagnostic immédiat est celui d’une économie stagnante confrontée à un nouveau choc de prix.



