La réunion du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’est achevée vendredi 16 octobre à Addis-Abeba sans accord sur le calendrier de son septième rapport d’évaluation. La session a été suspendue après avoir dépassé sa durée prévue, alors que des délégations de pays parmi les moins avancés et de petits États insulaires devaient quitter les travaux. Les discussions sur le calendrier et le budget restent ouvertes et doivent reprendre, mais aucune nouvelle date n’a été annoncée.
Un désaccord sur le temps scientifique
Le point de blocage ne porte pas sur l’existence du rapport, ni sur son architecture. Le cycle AR7 doit toujours réunir trois contributions : bases physiques du changement climatique, impacts et adaptation, puis atténuation. Le désaccord concerne le rythme de publication de ces travaux.
Une coalition d’une trentaine de pays, dont plusieurs États européens, latino-américains et insulaires, veut disposer des conclusions avant le prochain bilan mondial de l’accord de Paris, prévu lors des négociations climatiques de 2028. Elle estime qu’un retard priverait les gouvernements d’une synthèse commune au moment de réviser leur action.
D’autres membres, notamment l’Inde, le Kenya, l’Arabie saoudite, la Russie et la Chine, demandent davantage de temps. Leur argument : un calendrier trop serré risque de réduire la participation des scientifiques issus de pays disposant de moins de ressources. Cette divergence oppose donc deux exigences réelles — fournir rapidement une base scientifique aux décisions et rendre la préparation du rapport plus inclusive.
Le travail scientifique continue
La suspension ne signifie pas que le rapport est annulé. Le GIEC indique que le cycle est engagé et que les groupes de travail poursuivent leurs évaluations. La première version de la contribution consacrée aux bases physiques a notamment été soumise à l’examen d’experts entre le 10 août et le 2 octobre 2026.
L’incertitude porte désormais sur la capacité des États à fixer assez tôt les échéances finales. Les rapports du GIEC sont rédigés par des centaines de chercheurs, puis leurs résumés sont approuvés ligne par ligne par les gouvernements. Cette méthode leur donne un poids particulier dans les politiques publiques et les contentieux climatiques, mais elle impose aussi un consensus diplomatique que la session d’Addis-Abeba n’a pas réussi à dégager.



