Quand une étude classe un métier parmi ceux que l’intelligence artificielle peut affecter, elle ne prédit pas automatiquement sa disparition. Cette différence est au cœur du travail publié en mai 2025 par l’Organisation internationale du travail et l’institut polonais NASK. Ce décryptage revient sur ce cadre historique, pas sur une nouvelle mesure de l’emploi en septembre 2026.

Une exposition des tâches

Les chercheurs estiment qu’environ un quart de l’emploi mondial correspond à des professions présentant un certain degré d’exposition à l’IA générative. La proportion atteint 34 % dans les pays à revenu élevé. Les emplois administratifs figurent parmi les plus exposés.

L’analyse combine une description détaillée de près de 30 000 tâches, des contributions d’experts et des évaluations assistées par l’IA. Son objet est d’apprécier ce que les systèmes pourraient faire dans un métier. Il ne s’agit pas de compter les emplois déjà supprimés dans les entreprises.

Une profession rassemble en effet plusieurs tâches. Certaines se prêtent davantage à l’automatisation que d’autres. Pouvoir accélérer une partie du travail n’équivaut donc pas à rendre inutile l’ensemble du poste.

Une photographie, pas une date de disparition

La note de recherche précise que ses résultats décrivent l’exposition potentielle des professions existantes au début de 2025. Ils ne mesurent pas les effets réellement constatés sur les niveaux d’emploi. Ils n’intègrent pas non plus tous les métiers nouveaux susceptibles d’apparaître.

Le document cite plusieurs obstacles entre capacité technique et adoption : infrastructures, compétences numériques, coût des outils et difficultés de fonctionnement. Il classe 3,3 % de l’emploi mondial dans son degré d’exposition le plus élevé. Même ce groupe ne correspond pas à un décompte de licenciements certains.

La question utile pour le travail

Pour examiner une annonce d’automatisation, mieux vaut demander quelles tâches changent, lesquelles exigent encore une intervention humaine et comment l’organisation s’adapte. Ce sont des questions de lecture proposées ici, pas un pronostic sur une entreprise particulière.

La formation et le dialogue social sont présentés par les auteurs comme des leviers de la transition. Leur efficacité dépendra des décisions prises et des conditions concrètes de déploiement.

Le communiqué et la note consultés décrivent la même recherche OIT-NASK : ils en éclairent les résultats et les limites, sans constituer deux études indépendantes. L’avenir du travail ne se déduit pas d’un pourcentage isolé.