Le Japon a lancé mardi 20 octobre la mission Martian Moons eXploration, ou MMX, avec l’objectif inédit de rapporter sur Terre des échantillons de Phobos, la plus grande des deux lunes de Mars. La fusée H3 a décollé à 4 h 41, heure locale, depuis le centre spatial de Tanegashima. Environ une heure plus tard, l’agence spatiale japonaise JAXA a confirmé la séparation de la sonde de l’étage supérieur.
Un aller-retour de cinq ans
MMX doit atteindre les environs de Mars en août 2027. La sonde se placera ensuite sur une orbite quasi satellitaire autour de Phobos afin d’en cartographier la forme, la composition, la gravité et la structure interne. Le plan de mission prévoit de recueillir au moins 10 grammes de régolithe, à deux endroits si les opérations le permettent, puis de revenir vers la Terre avec une arrivée prévue en 2031.
Phobos est un objet irrégulier d’environ 27 kilomètres sur 22 sur 18. Il tourne autour de Mars trois fois par jour, à quelque 6 000 kilomètres au-dessus de sa surface. Sa proximité de la planète rend les manœuvres particulièrement délicates : la sonde devra accompagner son mouvement plutôt que se comporter comme un satellite classique de Mars.
Comprendre l’origine des lunes martiennes
Deux grandes familles d’hypothèses restent en concurrence. Phobos et Deimos pourraient être des astéroïdes capturés, ou s’être formés à partir des débris d’un impact ancien sur Mars. L’analyse en laboratoire d’un échantillon doit offrir des informations chimiques et minéralogiques bien plus fines que les observations à distance. Elle pourrait aussi éclairer les premiers échanges de matière dans le Système solaire.
La mission associe cinq agences spatiales. Elle emporte notamment Idefix, un petit rover franco-allemand développé par le CNES et le DLR, chargé de reconnaître le terrain avant les opérations de prélèvement. Le lancement constitue aussi la première mission interplanétaire de la fusée H3, dont le vol inaugural avait échoué en 2023.
Le succès du décollage ouvre donc la mission, mais n’en garantit pas l’issue. L’insertion dans le système martien, les opérations proches de Phobos, l’échantillonnage puis le retour vers la Terre restent autant d’étapes critiques à franchir au cours des cinq prochaines années.



