Le troisième samedi de mobilisation nationale a rassemblé 320 000 personnes le 31 octobre, dont 70 000 à Paris, selon le bilan publié le lendemain par le ministère de l’Intérieur. L’administration a compté 291 actions sur la voie publique. Ces chiffres officiels ne constituent pas une estimation indépendante de la participation, mais ils permettent une comparaison cohérente avec les deux week-ends précédents, établis par la même source.

La tendance est nette : l’État avait recensé 410 000 manifestants le 24 octobre et 550 000 le 17 octobre. Le niveau du 31 octobre recule donc de 22 % en une semaine et de 42 % en deux semaines. À Paris, le décompte officiel passe de 110 000 personnes les 17 et 24 octobre à 70 000. Le nombre d’actions, lui, reste presque stable par rapport au 24 octobre — 291 contre 289 — ce qui suggère une mobilisation toujours largement répartie, mais avec des cortèges moins fournis en moyenne.

Le bilan sécuritaire s’allège également, sans être nul. À 21 heures, 565 interpellations avaient été effectuées, contre 1 435 le samedi précédent et 2 628 le 17 octobre. Le ministère fait état de 116 membres des forces de l’ordre blessés, contre 267 puis 1 144 lors des deux précédents samedis. Trente-six commerces ont été dégradés et trois pillés, après 69 dégradations et 24 pillages une semaine auparavant. Le total final de 779 interpellations inclut toutefois la soirée d’Halloween : il ne doit pas être comparé directement aux seuls chiffres arrêtés à 21 heures.

L’Associated Press confirme une baisse de l’intensité des violences, tout en rapportant des affrontements ponctuels à Paris et des inquiétudes avant la reprise des lycées. Les revendications restent diverses, autour du coût de la vie, des salaires, du logement et des conditions d’enseignement. Une nouvelle journée de grève et de manifestations est annoncée jeudi : elle dira si le reflux du 31 octobre marque un essoufflement durable ou seulement une étape dans un mouvement encore mobile.