Le Fonds de réponse aux pertes et préjudices a réservé provisoirement 21,6 millions de dollars au Népal après les crues éclair du Bhote Koshi. C’est la première aide approuvée par ce mécanisme créé lors de la COP27 pour soutenir les pays frappés par des dommages climatiques auxquels l’adaptation ne suffit plus. La décision marque donc un début opérationnel, mais elle ne signifie pas encore que l’argent a été intégralement versé aux bénéficiaires.
Une réponse d’urgence, encore conditionnelle
Le conseil du fonds a pris sa décision lors d’une réunion d’urgence le 22 octobre. Son communiqué emploie bien le terme « provisoirement » : les modalités et le calendrier de décaissement restent à préciser. L’Associated Press arrondit l’enveloppe à 20 millions de dollars et la présente comme le premier paiement approuvé par le fonds. Cette nuance importe, car une autorisation n’est pas encore une reconstruction réalisée sur le terrain.
Les inondations du 26 août ont dévasté des localités, des routes, des écoles et des installations hydroélectriques dans le nord du Népal. Plus de 1 400 personnes ont été tuées, selon le bilan repris par l’AP. Le gouvernement népalais estime à 4,7 milliards de dollars le coût du relèvement et de la reconstruction. Rapportée à ce besoin, la réserve de 21,6 millions représente environ 0,46 %.
Le premier dossier révèle déjà l’écart d’échelle
Le fonds a reçu 176 demandes totalisant environ 2,8 milliards de dollars, alors que les pays donateurs lui ont promis plus de 820 millions, selon les chiffres communiqués à l’AP. Même si toutes les promesses étaient transformées en ressources disponibles, elles ne couvriraient donc pas le tiers des demandes actuellement recensées.
L’intérêt de la décision népalaise tient autant à sa rapidité qu’à son montant. Elle teste la capacité d’un mécanisme multilatéral à intervenir après une catastrophe sans attendre un long cycle de projets. Elle révèle aussi sa limite immédiate : une première enveloppe peut financer des priorités urgentes, pas combler à elle seule le déficit de reconstruction.
La prochaine mesure concrète sera le passage de la réserve provisoire au versement, avec des objectifs, des bénéficiaires et un calendrier publics. Sans ces éléments, il serait prématuré de présenter les 21,6 millions comme une aide déjà dépensée. Le Népal devient le premier cas d’usage du fonds ; il en devient aussi le premier test de transparence et de vitesse d’exécution.



