Le comté de Palm Beach, en Floride, a adopté jeudi 24 septembre un moratoire d’un an sur les nouvelles demandes concernant les centres de données de très grande taille. La mesure, votée à l’unanimité par les commissaires du comté, s’applique dans les zones non incorporées aux projets dont la pointe mensuelle anticipée atteint au moins 50 mégawatts. Elle doit courir jusqu’au 24 septembre 2027.
Le gel ne ferme pas tous les centres de données existants et ne vaut pas interdiction définitive. Il suspend l’acceptation, l’instruction et l’approbation de certaines demandes de modification du plan d’urbanisme ou de zonage, afin de laisser au comté le temps d’élaborer des règles spécifiques. Le rapport préparatoire officiel cite notamment le bruit continu, la consommation d’eau et d’électricité, les rejets d’eaux usées, la compatibilité avec les quartiers voisins et les autres effets environnementaux.
La décision intervient après le rejet du projet Tango, un complexe d’environ un million de pieds carrés contesté par des riverains. Selon WPTV, des habitants et des élus ont particulièrement mis en cause le bourdonnement de basse fréquence susceptible d’être produit en continu par ce type d’installation. Le projet rejeté fait l’objet d’un recours ; une version plus petite précédemment autorisée demeure une question distincte.
Le comté prévoit maintenant de s’appuyer sur une expertise externe pour étudier les futures règles. Les pistes énumérées dans le dossier public incluent des distances de séparation plus importantes, des écrans paysagers, des études acoustiques renforcées, une coordination avec les réseaux d’eau et d’électricité et, éventuellement, des conventions de développement. Le rapport estime qu’environ deux entreprises par an pourraient être empêchées de déposer une demande pendant le moratoire.
Cette pause locale illustre la tension croissante entre la demande d’infrastructures liée à l’intelligence artificielle et les contraintes supportées par les territoires. Palm Beach ne tranche pas encore le fond : il se donne un an pour déterminer à quelles conditions ces équipements peuvent s’implanter près des habitations et des milieux naturels.



