Un chiffre situé en 2100 ressemble à une destination précise. En démographie, il décrit surtout un avenir calculé à partir d’hypothèses. Les exercices publiés en 2024 par les Nations unies et l’IIASA permettent de comprendre cette différence, sans les présenter comme de nouvelles annonces de septembre 2026.
Des trajectoires à lire avec leur date
Dans World Population Prospects 2024, l’ONU projetait une population mondiale culminant autour de 10,3 milliards au milieu des années 2080, puis diminuant légèrement. Elle estimait alors à 80 % la probabilité d’un maximum avant la fin du siècle. Une probabilité élevée laisse donc encore une place à d’autres trajectoires.
Le total mondial masque également des calendriers différents. La même publication distinguait des pays dont la population avait déjà atteint son maximum, d’autres devant le faire dans les décennies suivantes, et d’autres poursuivant leur croissance. Elle rappelait que la structure par âge héritée du passé contribue à la croissance future, même lorsque le nombre d’enfants par femme diminue.
Les hypothèses font bouger le résultat
L’IIASA présentait de son côté, en mars 2024, une mise à jour portant sur 200 pays et régions. L’outil explore plusieurs scénarios et distingue notamment l’âge, le sexe et le niveau d’éducation. Dans la trajectoire alors considérée comme la plus probable par ses auteurs, le maximum atteignait 10,13 milliards en 2080. Les révisions de mortalité et de fécondité expliquaient une partie de l’évolution par rapport aux versions antérieures.
Ces deux exercices ne se départagent pas en choisissant le chiffre le plus spectaculaire. Notre lecture consiste à examiner leurs hypothèses, leur périmètre et les caractéristiques des populations. Une collectivité qui prépare des écoles ou des services aux personnes âgées a besoin de ces détails. Pour le lecteur, le bon réflexe est de conserver avec le nombre son année de publication et son statut de projection : il décrit une possibilité argumentée, pas un recensement du futur.



