La Bulgarie choisira son prochain président au second tour, le 1er novembre. La Commission électorale centrale affichait lundi matin 99,95 % des protocoles de bureaux traités. Les résultats arrondis donnent la présidente sortante Iliana Iotova à 34,8 % et l’ancien premier ministre par intérim Andrey Gyurov à environ 32 %. L’écart, inférieur à trois points, est nettement plus serré que ne le laissaient attendre plusieurs sondages d’avant-scrutin.
Ce résultat ne vaut pas encore proclamation définitive. Il s’agit d’un dépouillement quasi complet publié par l’autorité électorale ; les chiffres peuvent encore évoluer à la marge. Radio Bulgarie, qui reprend les données de la Commission à 99,94 % des protocoles, situe aussi Kostadin Kostadinov en troisième position, à 12,54 %. L’Associated Press et Reuters confirment séparément la qualification d’Iotova et de Gyurov pour le duel du 1er novembre.
La participation, estimée autour de 22 %, est l’autre donnée décisive. Pour gagner dès le premier tour, un candidat devait non seulement obtenir la majorité des suffrages exprimés, mais le seuil de participation prévu devait également être franchi. Avec une mobilisation aussi faible, aucun des 27 candidats ne pouvait clore l’élection dimanche. Cette abstention réduit aussi la portée des comparaisons directes avec les élections précédentes : le second tour se jouera d’abord sur la capacité des deux camps à ramener leurs électeurs aux urnes.
Le contraste politique est réel, mais la fonction reste principalement représentative. La présidence bulgare dispose néanmoins d’un droit de veto, commande les forces armées, signe les traités et nomme les ambassadeurs. Iotova, soutenue par la majorité au pouvoir, défend une issue diplomatique à la guerre en Ukraine et un rapprochement avec Moscou. Gyurov, appuyé par l’opposition réformatrice pro-européenne, a soutenu une coopération plus étroite avec Kyiv.
L’enjeu du second tour dépasse donc la seule répartition des pouvoirs. Une victoire d’Iotova maintiendrait la présidence dans le même camp que le gouvernement ; une victoire de Gyurov installerait un contrepoids institutionnel. Le faible écart du premier tour rend toutefois toute projection fragile : le résultat dépendra du report des voix des candidats éliminés et, surtout, de la participation du 1er novembre.



