La société barcelonaise Qilimanjaro Quantum Tech a annoncé le 14 octobre 2026 un premier closing de 19,6 millions d’euros pour sa série A. Indra Group apporte 10 millions d’euros par l’intermédiaire d’IndraMind, tandis que la Société espagnole pour la transformation technologique (SETT), rattachée au ministère de la Transformation numérique, investit 9,6 millions.
Les deux montants sont confirmés séparément par les communiqués d’Indra et du gouvernement espagnol. Ils ne constituent toutefois pas deux vérifications indépendantes de la stratégie annoncée par l’entreprise : ce sont les deux investisseurs de l’opération. Selon Cinco Días, Indra entre au moyen d’un instrument convertible et Qilimanjaro vise une enveloppe totale comprise entre 40 et 50 millions d’euros à l’issue d’un second closing attendu au quatrième trimestre. Cette cible reste donc à financer.
Qilimanjaro conçoit une chaîne complète allant des puces et du logiciel aux systèmes de refroidissement et de contrôle. Sa technologie s’appuie notamment sur des qubits supraconducteurs de type fluxonium. L’entreprise prévoit d’utiliser l’apport pour industrialiser la fabrication de ses machines, accélérer une nouvelle génération de puces et renforcer ses capacités de déploiement commercial. La SETT inscrit son investissement dans le PERTE Chip, le programme public espagnol destiné aux semi-conducteurs et aux technologies associées.
Pour Indra, l’opération doit aussi ouvrir des applications en intelligence artificielle, robotique, défense et sécurité. Cet intérêt industriel apporte à la jeune entreprise des débouchés potentiels, mais il ne vaut pas commande ferme. Les communiqués ne détaillent ni calendrier de livraison, ni chiffre d’affaires attendu, ni valorisation définitive après le prochain closing.
L’annonce illustre une stratégie européenne de souveraineté technologique : associer capital public et groupe industriel pour éviter que les matériels quantiques ne restent confinés aux laboratoires. Le passage à l’échelle demeure néanmoins le test décisif. Les ordinateurs quantiques exigent des environnements cryogéniques complexes, des composants très spécialisés et une amélioration continue de la stabilité des qubits. Les 19,6 millions annoncés donnent à Qilimanjaro davantage de moyens pour franchir cette étape ; ils ne démontrent pas encore qu’un marché de masse est atteint.



