Au moins 67 personnes sont mortes dans l’effondrement de la mine d’or d’Al-Zara, près d’Al-Nuhud, dans l’État soudanais du Kordofan-Occidental. Le bilan communiqué mercredi 16 septembre par le Réseau des médecins soudanais reste provisoire : des mineurs sont encore recherchés sous les décombres et les versions disponibles divergent sur le nombre de corps déjà retrouvés.

L’Associated Press rapporte qu’un responsable local affirme que 82 corps ont été récupérés, tandis que l’organisation médicale retient au moins 67 morts. Cette différence impose de ne pas transformer le chiffre le plus élevé en bilan confirmé. Selon des survivants joints par l’agence, l’effondrement aurait commencé dans un puits dimanche avant de gagner des galeries reliées entre elles. Le réseau médical situe la catastrophe principale mardi soir.

Les moyens de sauvetage paraissent dérisoires face à l’ampleur du site. Un responsable cité par AP ne mentionne qu’un chariot élévateur privé disponible, alors que des personnes pourraient être piégées à plus de trente mètres de profondeur. La mine, creusée dans un sol sableux fragile et exploitée de manière informelle, ne disposait pas des protections de base dénoncées par les médecins soudanais.

Al-Zara se trouve dans une zone contrôlée par les Forces de soutien rapide, engagées depuis avril 2023 dans une guerre contre l’armée soudanaise. Cette géographie compte autant que la cause immédiate de l’effondrement. Dans les régions de l’ouest, l’or finance des réseaux armés, échappe largement aux circuits officiels et fournit aussi un revenu de survie à des populations déplacées ou privées d’autres activités.

Deux agences internationales, AP et EFE, attribuent leur bilan initial à la même source principale, le Réseau des médecins soudanais ; elles ne constituent donc pas deux confirmations indépendantes du nombre de victimes. AP ajoute toutefois des témoignages de survivants et la version d’un responsable local, tandis qu’EFE rapporte l’appel de l’organisation à interrompre les exploitations non réglementées.

Au-delà du bilan, encore susceptible d’augmenter, la catastrophe révèle un enchaînement : extraction informelle, absence de contrôle, guerre et secours insuffisants. Tant que les recherches se poursuivent, la priorité journalistique est de distinguer les morts confirmés, les disparus et les estimations locales.