Les épisodes de chaleur extrême ne se contentent plus de se multiplier : certains couvrent désormais des portions immenses de la planète pendant des périodes prolongées. Une analyse publiée mardi 20 octobre par Reuters estime que les plus grands de ces événements sont passés d’environ cinq par an dans les années 1960 à 102 par an au cours de la décennie actuelle.
Une catégorie créée pour mesurer l’échelle
Reuters appelle « tempête de chaleur » une vague de chaleur qui couvre, à son maximum, au moins 1 % de la surface terrestre, soit environ 5,1 millions de kilomètres carrés. Une vague est repérée lorsqu’une zone connaît pendant au moins cinq jours des températures situées dans les 10 % les plus élevées pour la date considérée, par rapport à la période de référence 1961-1990.
Cette expression n’est pas une nouvelle classification officielle. Le média l’a créée pour rendre visibles des phénomènes trop vastes pour être perçus comme un même événement par les habitants de régions éloignées. Certains scientifiques consultés ont d’ailleurs contesté le mot « tempête », qui possède déjà un sens précis en météorologie. La méthode et son seuil doivent donc être lus comme un cadre analytique transparent, non comme une norme universelle.
Des données planétaires, avec leurs choix méthodologiques
Le calcul s’appuie sur ERA5, la réanalyse climatique du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme diffusée par Copernicus. Elle combine stations, satellites, ballons et observations maritimes dans un modèle couvrant plus d’un million de mailles. Reuters a appliqué des corrections saisonnières et une règle de continuité pour relier les zones chaudes voisines.
Selon cette analyse, les tempêtes de chaleur représentaient environ 3 % des journées anormalement chaudes pour un point donné dans les années 1960, contre près de 43 % cette décennie. La surface moyenne couverte par les vagues et tempêtes de chaleur a été multipliée par plus de douze, tandis que l’étendue des épisodes froids a reculé de près de 80 %. Les séries sont arrêtées à des dates différentes en septembre et octobre 2026 selon l’indicateur.
L’événement baptisé Vera par Reuters illustre cette nouvelle échelle : il a duré 367 jours et a touché, au fil de sa trajectoire, près de 85 % du globe. Ce pourcentage est cumulatif ; il ne signifie pas que 85 % de la Terre a simultanément subi une chaleur extrême. La distinction compte pour comprendre à la fois la gravité du signal climatique et les limites de cette nouvelle manière de le raconter.



