La pauvreté a touché 32,3 % de la population des 31 principales agglomérations argentines au premier semestre 2026, selon les données de l’Institut national de la statistique et des recensements (Indec) publiées le 24 septembre. L’indigence, qui correspond à l’impossibilité de couvrir le panier alimentaire de référence, a atteint 7,5 %.
Le retournement est net par rapport au second semestre 2025. La pauvreté augmente de 4,1 points, depuis 28,2 %, et l’indigence de 1,2 point, depuis 6,3 %. En comparaison annuelle, les niveaux progressent plus modérément : la pauvreté était de 31,6 % et l’indigence de 6,9 % au premier semestre 2025. Ils restent très inférieurs au pic du premier semestre 2024, lorsque les deux indicateurs atteignaient respectivement 52,9 % et 18,1 %.
Dans le champ effectivement mesuré par l’enquête permanente auprès des ménages, l’Indec recense 9,729 millions de personnes pauvres au sein de 2,498 millions de foyers. Parmi elles, 2,249 millions vivent dans l’indigence. Les estimations nationales souvent citées — environ 15,5 millions de personnes pauvres — résultent d’une extrapolation à l’ensemble du pays et ne doivent pas être confondues avec le décompte direct des 31 agglomérations.
Les enfants restent les plus exposés : 44,5 % des moins de 15 ans se trouvent sous le seuil de pauvreté. La proportion tombe à 14,8 % chez les 65 ans et plus. Les écarts géographiques sont également marqués, du Grand Buenos Aires, où l’indicateur atteint 32,1 %, au Nord-Est, à 41,5 %.
Le mécanisme avancé par l’institut est celui d’un décrochage des revenus face au coût des besoins essentiels. Sur le semestre, le revenu familial par personne a augmenté en moyenne de 11,5 %, contre 21,4 % pour le panier alimentaire et 19,6 % pour le panier total utilisé pour fixer la ligne de pauvreté. La mesure compare les revenus déclarés des ménages à ces paniers et comporte les limites habituelles d’une enquête : elle ne décrit ni chaque commune ni chaque situation individuelle. Elle signale néanmoins une rupture de tendance après l’amélioration rapide enregistrée depuis 2024, au moment où l’inflation et la qualité de l’emploi redeviennent déterminantes pour le pouvoir d’achat.



