Le Conseil de stabilité financière (FSB) a publié jeudi 15 octobre sa version définitive de douze « pratiques saines » pour l’adoption responsable de l’intelligence artificielle par les banques et autres institutions financières. Le texte n’est pas une réglementation directement contraignante : il se présente comme une boîte à outils que chaque établissement peut adapter à son profil de risque et intégrer à ses dispositifs existants.
Le premier ensemble de recommandations porte sur la gouvernance à l’échelle de l’entreprise. Le conseil d’administration et la direction doivent aligner les usages de l’IA sur la stratégie, le modèle économique et l’appétit pour le risque, définir clairement les responsabilités, documenter les systèmes utilisés et organiser un apprentissage continu. Le second suit tout le cycle de vie : choix de la technologie, qualité des données, explicabilité, évaluation des performances, cybersécurité et dépendances envers les fournisseurs externes.
La version finale accorde une place plus nette aux agents IA, ces logiciels capables de planifier et d’exécuter des tâches avec une autonomie limitée. Reuters rapporte que le FSB a durci ce volet après sa consultation publique de juin. Pour les usages à risque élevé, une surveillance humaine plus intensive est jugée indispensable. Les institutions sont invitées à fixer des déclencheurs précis obligeant un agent à demander une approbation humaine avant d’agir.
Le FSB abandonne par ailleurs la comparaison proposée dans le projet entre ces systèmes et des « employés synthétiques ». L’idée centrale est qu’un agent n’interprète pas nécessairement un objectif comme le ferait une personne et peut produire un comportement inattendu.
Ces recommandations cherchent aussi à faciliter la coordination entre établissements, superviseurs et organismes de normalisation dans plusieurs pays. Le FSB indique qu’il suivra l’évolution des usages et actualisera son cadre si nécessaire. Leur portée immédiate dépendra toutefois de la manière dont les banques et les superviseurs nationaux les reprendront dans leurs propres contrôles.



