Binance a publié le 31 octobre une deuxième mise à jour après le vol massif révélé la veille. La plateforme affirme qu’environ 3 milliards de dollars d’actifs avaient été gelés sur les chaînes au moment de son communiqué, grâce à l’action d’émetteurs de stablecoins, de protocoles et d’autres acteurs. Ce montant n’équivaut ni à une récupération définitive ni à un remboursement : le gel bloque les mouvements en attendant les procédures techniques et juridiques.

L’entreprise dit avoir préparé plus de 6,34 milliards de dollars pour absorber les pertes au moyen de son fonds SAFU et de ressources propres. Plus de 5 milliards, soit environ 80 %, auraient déjà été constitués sous forme de jetons, le solde devant être acheté progressivement. Ces chiffres sont des déclarations de Binance ; aucun audit indépendant de la couverture n’était encore publié lors de notre consultation.

Les retraits restaient suspendus. Binance annonçait viser une reprise autour de 34 heures après l’incident, sous réserve de contrôles de sécurité. Elle promettait aussi un instantané de ses réserves dans les douze heures, puis un rapport de preuve de réserves au plus tard le lundi 2 novembre. Le calendrier est donc un objectif opérationnel, pas une garantie.

Sur l’origine de l’attaque, la société dit n’avoir trouvé aucun élément indiquant une compromission de ses clés privées. Elle mentionne un ordinateur portable compromis et d’autres points d’intrusion identifiés, tout en repoussant les conclusions techniques détaillées à une mise à jour ultérieure. Reuters rapporte parallèlement que d’autres grandes plateformes appellent à renforcer rapidement les défenses communes et les mécanismes de gel.

Cette mise à jour apporte trois éléments nouveaux par rapport aux premières estimations : une mesure des fonds immobilisés, un plan déclaré de couverture des pertes et un calendrier de reprise. Elle ne clôt pas l’enquête. Les points à vérifier restent la restauration effective des retraits, la correspondance entre réserves annoncées et passifs envers les clients, ainsi que le rapport technique promis. Tant que ces preuves ne sont pas publiées, « fonds gelés » et « pertes couvertes » doivent rester des statuts provisoires, et non le constat d’un incident résolu.