Le bilan d’une frappe aérienne menée lundi 28 septembre près d’un marché de Kyauktaw, dans l’État de Rakhine en Birmanie, a été porté mardi à 50 morts et au moins 58 blessés. Ces chiffres proviennent de l’Armée de l’Arakan, qui contrôle la zone, et du responsable local des secours Wai Hun Aung. L’Associated Press avait d’abord fait état de 49 morts, avant que de nouveaux corps soient retrouvés.

La prudence reste indispensable : les journalistes n’ont pas pu confirmer indépendamment tous les détails sur place. Les images et témoignages transmis aux agences montrent toutefois des bâtiments en feu, des véhicules endommagés et une partie d’un pont atteinte. Selon l’Armée de l’Arakan, deux bombes auraient été larguées par un avion de combat à proximité du principal marché de gros de la région, au moment où vendeurs et clients étaient présents. Les autorités militaires birmanes n’ont pas répondu aux demandes de réaction citées par Reuters et l’AP.

Une condamnation de l’ONU

Le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric a indiqué que le secrétaire général António Guterres condamnait l’attaque et demandait à toutes les parties de protéger les civils et de respecter le droit international. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme estime que le bilan pourrait encore augmenter. L’ONU souligne aussi que la persistance des violences ne permet pas un retour sûr des réfugiés et déplacés.

Kyauktaw se trouve dans l’ouest du pays, près de la frontière avec le Bangladesh. L’Armée de l’Arakan, organisation armée issue de la minorité rakhine, y affronte la junte depuis la reprise de son offensive en novembre 2023. Elle contrôle désormais une grande partie de l’État. Cette frappe serait la plus meurtrière signalée dans la région depuis le bombardement d’un hôpital en décembre, qui avait fait au moins 34 morts selon l’AP.

La guerre civile déclenchée après le coup d’État militaire de février 2021 continue ainsi de frapper directement les populations. L’accès humanitaire demeure restreint et les routes commerciales ont été perturbées, aggravant les pénuries alimentaires dans le Rakhine.