Catherine Ringer est morte le 14 septembre à Paris, à l’âge de 68 ans, des suites d’un cancer foudroyant, selon l’annonce de sa famille relayée par l’AFP. Avec elle disparaît une artiste qui avait fait de l’imprévisible une manière d’être sur scène comme en studio.

Réduire son parcours aux Rita Mitsouko serait oublier ce qui rendait précisément le duo si singulier. Formé avec Fred Chichin à la fin des années 1970, le groupe a traversé le rock, la pop, le funk et les musiques électroniques sans chercher à entrer durablement dans une case. « Marcia Baïla », apparu sur leur premier album en 1984, a donné au duo une reconnaissance massive. D’autres titres ont prolongé cette présence dans la mémoire collective française, portés par une voix capable de passer du grave au cri et par une théâtralité immédiatement reconnaissable.

Le parcours de Ringer avait commencé par le théâtre et la performance. Cette expérience restera visible dans sa façon d’occuper l’espace, de jouer avec les costumes et de transformer chaque chanson en personnage. Le Monde rappelle que l’aventure des Rita Mitsouko a duré vingt-huit ans et produit sept albums studio, jusqu’à la mort de Fred Chichin en 2007.

Elle n’a pourtant pas figé le groupe dans la nostalgie. En 2011, son premier album solo, « Ring n’Roll », ouvre une nouvelle période. Elle poursuit ensuite les concerts, les rencontres avec le jazz, le tango, le théâtre musical et les hommages, tout en maintenant vivant le répertoire du duo. Son fils Raoul Chichin l’accompagne notamment sur scène au cours de ses dernières années.

Cette continuité éclaire mieux son héritage qu’une simple liste de succès. Catherine Ringer aura défendu une autonomie artistique rare : liberté de timbre, de silhouette, de références et de mouvements. Sa disparition ferme une trajectoire personnelle, mais pas l’influence d’une œuvre qui a rendu la pop française plus étrange, plus physique et plus audacieuse. Les hommages devront respecter cette complexité sans réduire l’artiste à une seule époque ni à sa vie privée.