La Corée du Nord a confirmé samedi 3 octobre le tir d’un missile balistique à portée intermédiaire depuis la région côtière de Wonsan. Selon l’état-major sud-coréen, l’engin a parcouru plus de 700 kilomètres en direction de la mer de l’Est, appelée mer du Japon à Tokyo. Le ministère japonais de la Défense a mesuré une distance légèrement inférieure, d’environ 680 kilomètres, et indiqué que le projectile était retombé hors de la zone économique exclusive du pays.

Des capacités revendiquées, pas démontrées

Kim Yo-jong, haute responsable du parti au pouvoir et sœur de Kim Jong-un, a présenté l’essai comme celui d’une arme « stratégique », expression qui suggère une vocation nucléaire dans la terminologie nord-coréenne. Elle a affirmé que le missile pouvait suivre une trajectoire ondulante, changer de route à basse altitude et utiliser une technologie d’intelligence artificielle pour compliquer son interception.

Ces caractéristiques n’ont pas été vérifiées de manière indépendante. L’écart entre les mesures sud-coréennes et japonaises ne suffit pas, à lui seul, à prouver que leurs systèmes de surveillance ont perdu la trace de l’engin. Les informations établies par les deux pays portent surtout sur le point de départ, la direction générale du vol et une distance proche de 700 kilomètres.

Un test dans un climat déjà dégradé

L’essai intervient après des explosions de mines près de la ligne de démarcation, le 21 septembre, qui ont blessé trois soldats sud-coréens. Séoul et le Commandement des Nations unies attribuent ces mines au Nord ; Pyongyang nie toute responsabilité. Kim Yo-jong avait rejeté la veille la demande d’excuses sud-coréenne.

Le bureau sud-coréen de la sécurité nationale a demandé l’arrêt des lancements balistiques répétés, qu’il considère contraires aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Le commandement américain pour le Pacifique a, de son côté, estimé que ce tir ne constituait pas une menace immédiate pour le territoire ou les forces des États-Unis et de leurs alliés.

L’épisode ajoute donc un signal militaire aux tensions frontalières, sans fournir de preuve publique permettant de confirmer toutes les performances annoncées par Pyongyang.