Dans une maternité de Cornouailles, appeler une soignante ne fait plus systématiquement sonner tout le service. Une enquête publiée le 5 octobre par Reasons to be Cheerful décrit les premiers effets du programme « Silent Hospital » du Royal Cornwall Hospitals NHS Trust. Le principe : acheminer les appels ordinaires des patientes vers les téléphones des équipes, pour préserver le repos sans supprimer la possibilité de demander de l’aide.

Un pilote, puis un environnement plus exigeant

L’établissement avait présenté le dispositif en avril 2024 pour son unité postnatale Wheal Fortune. L’évaluation annoncée devait examiner le bruit, le bien-être, la communication et les délais de réponse. Il ne s’agissait donc pas seulement de rendre les chambres plus agréables : l’hôpital voulait aussi vérifier que le traitement numérique des appels fonctionnait correctement.

En mai 2026, le NHS a annoncé une deuxième phase dans l’unité prénatale Wheal Rose, le triage de maternité et l’accueil d’évaluation de jour. Cette extension, prévue pour six mois jusqu’en octobre, doit tester le système auprès de patientes nécessitant une surveillance plus importante. Les critères comprennent notamment l’expérience des patientes et l’éventuelle évolution de leur durée de séjour.

Des résultats encourageants à interpréter avec prudence

Selon le reportage, lorsqu’une professionnelle est occupée, l’alerte peut être transmise à une collègue désignée. Un dispositif permet également de rétablir les sonneries. La responsable infirmière interrogée rapporte une diminution de plus d’une demi-journée du séjour moyen et plus de 70 000 livres d’économies en six mois pour 25 lits.

Ces chiffres sont attribués à l’équipe locale. Les documents consultés ne fournissent pas un essai contrôlé permettant d’isoler l’effet du bruit des autres changements dans les soins. Ils ne permettent donc pas d’affirmer que la même économie ou le même gain de récupération se reproduiraient partout.

L’intérêt du projet tient surtout à une question concrète : quelles alertes doivent être entendues par tous, et lesquelles peuvent atteindre directement la bonne personne ? L’évaluation de la deuxième phase doit aider à préciser cette frontière, avant une diffusion plus large.