Au Kenya, protéger des éléphants orphelins peut aussi faire entrer un revenu régulier dans les foyers voisins. Un reportage publié le 6 octobre par Positive News revient sur le sanctuaire communautaire de Reteti, dans le territoire samburu de Namunyak. Son angle est celui des femmes qui participent aux soins ou vendent du lait de chèvre au centre. L’initiative existe depuis 2016 : il ne s’agit donc pas d’un programme lancé cette semaine.

Le mécanisme associe deux besoins locaux. Les jeunes éléphants recueillis doivent être nourris ; des éleveuses disposent de lait commercialisable. Le programme Milk to Market organise cet approvisionnement. Sa présentation décrit aussi les obstacles très concrets à son développement : trajets longs, routes difficiles, chaleur et lait perdu avant d’arriver. Étendre le dispositif suppose une collecte fiable, pas seulement davantage d’animaux ou de fournisseurs.

Un bilan chiffré, à lire comme celui de l’opérateur

Dans son rapport annuel 2025, Reteti recense 1 250 participantes au programme et plus de 20 500 litres de lait achetés par mois. Le sanctuaire déclare avoir versé directement aux femmes 43,76 millions de shillings kényans pendant l’année. Il indique également employer 110 personnes, dont 15 femmes, et avoir accueilli 12 nouveaux éléphants secourus en 2025.

Ces données décrivent l’activité du programme. Elles ne mesurent pas, à elles seules, l’évolution du revenu total des ménages ni un effet durable sur la biodiversité. Elles proviennent du centre concerné ; le reportage apporte des témoignages et une observation de terrain, sans constituer un audit indépendant de chaque montant.

Donner une place aux habitantes

Positive News raconte notamment le parcours de Dorothy Lowakutuk, devenue soigneuse à l’ouverture de Reteti puis impliquée dans l’accueil des visiteurs. Ce témoignage montre une possibilité professionnelle, sans prouver qu’elle soit accessible à toutes les femmes de la région.

Reteti présente la remise en liberté comme la finalité des soins, avec un personnel recruté dans la communauté. L’intérêt du modèle tient à cette articulation entre conservation, compétences locales et débouché économique. Sa solidité dépend toutefois de la continuité des achats, des conditions de travail et du pouvoir réel des habitants dans les décisions.