La conjoncture française évite pour l’instant le décrochage, mais elle ne retrouve pas encore un rythme solide. Dans son enquête publiée le 15 septembre, la Banque de France estime que le produit intérieur brut pourrait progresser d’environ 0,1 % au troisième trimestre 2026. Il s’agit d’une estimation, pas d’un résultat définitif : elle repose notamment sur les réponses d’environ 8 500 entreprises et établissements recueillies du 27 août au 3 septembre.
Des secteurs qui n’avancent pas ensemble
Les chefs d’entreprise interrogés décrivent un mois d’août plus actif dans l’industrie, en particulier dans les équipements électriques et électroniques, les matériels de transport et certains débouchés liés à la défense ou aux centres de données. Les services marchands et le bâtiment progressent également, mais la forte chaleur a pesé sur l’hébergement-restauration et certains chantiers. Pour septembre, les entreprises anticipent une nouvelle hausse dans l’industrie et les services, tandis que le bâtiment resterait proche de la stabilité.
Ce tableau doit être lu avec prudence. L’indicateur d’incertitude de la Banque de France remonte, et les tensions sur les prix des matières premières se transmettent encore de manière différenciée. La banque centrale souligne aussi que ses scénarios restent sensibles à l’évolution des cours de l’énergie et à l’environnement international.
Une reprise graduelle, non acquise
Les projections intermédiaires de la Banque de France dessinent une croissance annuelle de 0,4 % en 2026, puis de 0,9 % en 2027 et de 1,2 % en 2028. Elles prévoient une inflation moyenne de 2,3 % cette année, avant un reflux à 1,9 % en 2027. Ce scénario central a été établi à partir d’hypothèses de marché arrêtées le 19 août ; il peut donc évoluer.
Le point de départ reste fragile. L’Insee avait mesuré une stagnation du PIB au deuxième trimestre, après un recul de 0,2 % au premier. Une progression de 0,1 % au troisième trimestre constituerait donc un petit mieux, pas un redémarrage spectaculaire. L’enjeu des prochains mois sera de savoir si l’investissement et la demande intérieure peuvent prendre le relais des secteurs industriels actuellement les plus dynamiques.



