Danone a inauguré le 15 septembre à Steenvoorde, dans le Nord, une nouvelle ligne dédiée aux compléments nutritionnels oraux utilisés notamment en oncologie, en gériatrie et après une hospitalisation. Le groupe présente l’équipement comme la plus grande ligne française de nutrition médicale par sa taille et sa capacité. Cette qualification et les chiffres associés proviennent de l’entreprise ; aucune donnée de production réalisée sur une année complète n’est encore disponible.

Près de 20 millions de litres annoncés

L’investissement de 70 millions d’euros avait été lancé en 2024. Danone annonce une capacité annuelle proche de 20 millions de litres et près de 150 références Fortimel. Les produits liquides, riches en protéines et en énergie, sont destinés aux personnes qui ne couvrent plus leurs besoins par l’alimentation ordinaire. Le pari industriel accompagne donc une tendance lourde : le vieillissement de la population et la prise en charge de la dénutrition liée à la maladie.

Le site emploie directement plus de 400 personnes, selon le groupe. Danone dit également travailler avec plus de 400 exploitations partenaires et avoir multiplié par six la collecte régionale de lait en quatre ans. Ces indicateurs donnent une idée de l’ancrage local, mais ils ne permettent pas à eux seuls de mesurer les retombées nettes de la nouvelle ligne.

Un outil industriel encore à éprouver

Une chaudière biomasse inaugurée en février 2026 doit réduire l’empreinte du site. L’entreprise ne fournit toutefois pas, dans son communiqué de lancement, de bilan environnemental complet permettant de comparer précisément émissions, approvisionnement en combustible et consommation énergétique avant et après l’installation.

Le média professionnel NutritionInsight, présent lors de l’inauguration, confirme l’ouverture de la ligne et son positionnement face aux besoins d’une population européenne vieillissante. Ses principaux chiffres de capacité et d’investissement reprennent néanmoins les données de Danone : ils ne constituent pas un audit indépendant.

L’étape suivante sera donc de confronter la capacité annoncée aux volumes effectivement produits, à la demande hospitalière et au prix d’accès de ces solutions. À ce stade, Steenvoorde matérialise surtout une réorientation industrielle vers un segment à forte croissance, au croisement de l’agroalimentaire et de la santé.