Le bilan du naufrage survenu dans la nuit du 8 au 9 octobre au large de Djibouti s’est encore alourdi. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) fait désormais état d’au moins 139 morts, parmi lesquels des enfants, et d’environ 84 personnes toujours portées disparues. Un premier décompte, repris dimanche matin, recensait 109 victimes et 116 disparus.
Selon l’agence des Nations unies, l’embarcation transportait 305 personnes lorsqu’elle a chaviré près de Guhere, au nord d’Obock. Environ 82 survivants ont été retrouvés. Les témoignages recueillis par l’OIM situent le départ au soir du 8 octobre, avant un naufrage très rapide, près du rivage. Alexandre Coissac, chef de mission de l’organisation à Djibouti, a attribué l’accident principalement à la surcharge du bateau.
Le chiffre de 139 morts reste provisoire. Coissac a précisé à l’Associated Press qu’il ne comptabilisait que les personnes enterrées par les autorités djiboutiennes. D’autres victimes auraient été inhumées directement par des migrants et ne seront ajoutées au bilan officiel qu’après vérification. Les opérations de recherche et de secours se poursuivent, tandis que les rescapés sont pris en charge au centre de l’OIM à Obock pour recevoir des soins médicaux et un soutien psychologique.
Cette révision n’est pas une confirmation indépendante par deux autorités distinctes : l’Associated Press et Reuters rapportent toutes deux les données de l’OIM. Reuters indique que l’agence onusienne a aussi documenté les risques durables de cette « route orientale » entre la Corne de l’Afrique et la péninsule Arabique : naufrages, traite et arrestations arbitraires. Plus de 900 personnes y seraient mortes ou auraient disparu en 2025, année où les passages avaient augmenté de 18 %.
Les passagers tentaient de gagner le Yémen dans l’espoir de rejoindre ensuite les pays du Golfe, malgré la reprise des combats dans le pays. L’OIM dit avoir relevé, parmi des migrants éthiopiens récemment interrogés à Djibouti, des départs liés à la sécheresse, aux difficultés économiques, au conflit et au recrutement forcé. La nationalité de l’ensemble des victimes n’a pas encore été établie publiquement.



