El Niño continue de se renforcer dans le Pacifique tropical et devrait atteindre son maximum autour de décembre 2026, selon la mise à jour saisonnière publiée jeudi par l’Organisation météorologique mondiale. Les modèles réunis par l’agence des Nations unies donnent une probabilité proche de 100 % de maintien de l’épisode jusqu’en février 2027.
Pour la période octobre-décembre, l’anomalie moyenne de température de surface dans la région Niño 3.4 est prévue autour de +3,7 °C par rapport à la référence 1993-2009. Ce niveau dépasserait le précédent maximum saisonnier de +2,6 °C observé entre novembre 2015 et janvier 2016. L’indice était déjà passé de +1,6 °C en juin à +2,5 °C en août. L’OMM précise que ces valeurs proviennent d’un ensemble de treize centres nationaux et internationaux, et non d’un modèle isolé.
El Niño est la phase chaude d’un cycle naturel du système océan-atmosphère. Il ne crée pas de chaleur supplémentaire, mais restitue une partie de l’énergie accumulée dans l’océan et modifie la circulation atmosphérique. Dans un climat déjà réchauffé, un épisode très intense augmente la probabilité de records de température et déplace les zones de pluie.
La prévision saisonnière signale davantage de précipitations dans le Pacifique équatorial central et oriental, dans la Corne de l’Afrique et dans certaines parties de l’Amérique du Nord et de l’Asie. À l’inverse, le sous-continent indien, une partie de l’Amérique centrale et des Caraïbes, ainsi que le nord-ouest de l’Amérique du Sud présentent un signal plus sec. Il s’agit de tendances régionales : elles ne prédisent pas la météo de chaque ville ni de chaque journée.
L’OMM appelle les services météorologiques et les gouvernements à adapter la préparation aux vagues de chaleur, aux sécheresses et aux inondations. La grande incertitude porte moins sur la persistance à court terme que sur l’intensité exacte des impacts locaux. Les bulletins nationaux restent donc indispensables pour transformer ce signal mondial en décisions opérationnelles.



