L’économie américaine n’a créé que 29 000 emplois en septembre, selon le rapport mensuel publié vendredi par le Bureau of Labor Statistics. Le taux de chômage est resté à 4,2 %, un niveau qui ne signale pas une brusque détérioration mais contraste avec la faiblesse des embauches. Les économistes interrogés par Reuters attendaient environ 90 000 créations de postes.

Le chiffre du mois est d’autant plus fragile que les estimations précédentes ont été revues à la baisse. Juillet passe de 21 000 créations annoncées à 10 000 destructions nettes, tandis qu’août est ramené de 162 000 à 133 000. Au total, les révisions retranchent 60 000 emplois aux deux mois antérieurs. Cette série donne l’image d’un marché « à faibles embauches et faibles licenciements » : les entreprises recrutent peu, mais ne procèdent pas non plus à une vague de suppressions de postes.

Les écarts sectoriels sont marqués. La santé a ajouté environ 17 000 emplois, la construction 11 000 et l’industrie manufacturière 9 000. Les activités financières en ont perdu 7 000. Le taux d’activité s’est maintenu à 61,8 %, tandis que le nombre de chômeurs de longue durée avoisine 1,9 million.

Les salaires horaires moyens du secteur privé ont progressé de 0,1 % sur un mois, à 37,81 dollars, et de 3 % sur un an. Cette modération salariale peut rassurer sur l’inflation, mais elle signifie aussi que le pouvoir d’achat dépend plus fortement du ralentissement des prix. Pour la Réserve fédérale, l’équilibre est délicat : un marché du travail qui refroidit peut justifier une politique monétaire moins restrictive, sans qu’un seul rapport suffise à trancher.

Les statistiques mensuelles restent sujettes à révision et peuvent être perturbées par des facteurs saisonniers. Le signal le plus robuste vient donc de l’ensemble des trois derniers mois : l’emploi avance désormais beaucoup plus lentement qu’au début de la reprise post-pandémie. Le maintien du chômage à 4,2 % évite pour l’instant le scénario d’une rupture, mais la marge de sécurité s’amenuise si les embauches restent durablement aussi faibles.