Face à la nouvelle flambée des prix de l’essence et du diesel, les gouvernements européens multiplient les réponses, mais sans modèle commun. La hausse est alimentée par les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, qui perturbent à la fois l’approvisionnement en brut et les capacités de raffinage. Pour les ménages comme pour les entreprises de transport, le choc arrive directement à la pompe ; pour les États, il rouvre le dilemme entre soutien immédiat, coût budgétaire et transition énergétique.
Le panorama publié le 25 septembre par l’Associated Press montre l’étendue du patchwork. La Lituanie a réduit de moitié le prix des billets de train. La Grèce augmente la fiscalité sur les jeux pour financer des mesures de soutien. L’Italie a repoussé la fermeture prévue de centrales au charbon et simplifié certaines procédures pour les projets pétroliers et gaziers. Les Pays-Bas renforcent un programme de services gratuits d’économie d’énergie dans les logements, tandis que la Pologne envisage de taxer plus lourdement les profits exceptionnels de producteurs et vendeurs de carburants. L’Allemagne et l’Espagne ont également eu recours à des baisses temporaires de fiscalité.
Cette diversité reflète des contraintes nationales différentes, mais aussi la dépendance du continent. L’Union européenne importe presque tout son pétrole, environ 85 % de son gaz et, toutes énergies confondues, 57 % de ses besoins, selon les données d’Eurostat reprises par l’AP. Elle est donc plus exposée qu’un grand producteur lorsqu’un détroit, un terminal ou une raffinerie cesse de fonctionner. La Commission publie chaque semaine les prix et taxes pétroliers, mais les décisions de soutien restent largement nationales.
L’OCDE met toutefois en garde contre les remèdes trop larges. Son rapport de septembre estime que les baisses générales de taxes ou les plafonnements se déploient vite, mais deviennent coûteux lorsqu’ils durent et réduisent l’incitation à économiser l’énergie. L’organisation recommande des aides temporaires et ciblées vers les ménages vulnérables et les secteurs les plus exposés. Elle prévoit une inflation moyenne de 4,1 % dans le G20 en 2026, en partie sous l’effet du choc énergétique.
Le choix n’oppose donc pas simplement aide ou austérité. Il porte sur le bénéficiaire, la durée et le financement de chaque mesure. Les dispositifs les plus solides seront ceux qui soulagent les revenus fragiles sans transformer une urgence géopolitique en subvention permanente aux combustibles fossiles.



