Le retour de la pluie ne signifie pas le retour à l’équilibre. Dans son bilan d’octobre publié le 5 novembre, Météo-France constate une pluviométrie nationale conforme à la référence 1991-2020, alors que les sols restent plus secs que la normale sur une grande partie de la France.

La moyenne masque des situations opposées. Le déficit de précipitations atteint encore 40 à 50 % sur la façade Atlantique ou le sud de l’Occitanie. À l’inverse, dans le Sud-Est, les cumuls représentent souvent le double de la normale. Des épisodes méditerranéens intenses y ont provoqué des crues et des inondations.

Les pluies du 6 au 10 octobre, puis celles du 19 au 25, ont atténué la sécheresse. Mais l’amélioration s’est interrompue avec l’arrêt des précipitations. En fin de mois, Météo-France situe les sols près de la normale en Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, sans généraliser ce constat au pays.

Le poids des mois précédents

Octobre succède à un mois de septembre particulièrement déficitaire. Le bulletin hydrologique publié le 9 octobre mesurait un manque de pluie de 70 % à l’échelle nationale pour septembre, troisième mois de septembre le moins arrosé sur la période 1959-2026. Il décrivait aussi un assèchement des sols superficiels associé au manque de précipitations et aux températures élevées.

Ce contexte change la lecture du bilan : retrouver un cumul mensuel habituel n’équivaut pas à effacer le déficit accumulé. Et une pluie abondante dans une région ne réhydrate pas les sols d’une autre.

Trois sécheresses à ne pas confondre

La fiche explicative de Météo-France distingue le manque prolongé de pluie, appelé sécheresse météorologique, du déficit d’humidité des sols, dit agricole. Ce dernier dépend aussi de l’évaporation, de la transpiration des plantes, du vent, de la température et des caractéristiques du terrain.

La sécheresse hydrologique concerne, elle, les niveaux des cours d’eau, lacs et nappes. L’infiltration et le ruissellement interviennent dans cette réponse. On ne peut donc pas déduire une recharge générale des nappes d’un seul cumul de pluie national.

Le constat présenté ici porte sur octobre et l’état des sols à sa fin. Ce n’est ni une prévision de novembre ni un relevé des restrictions locales d’usage de l’eau.