Le patrimoine fromager ne tient pas seulement dans une meule. Les savoir-faire autour des fabrications fromagères au lait cru sont inscrits à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel, annonce le CNRS dans un communiqué publié le 6 novembre. Cette reconnaissance porte sur des pratiques transmises, de l’élevage à l’affinage et jusqu’à la commercialisation.

La distinction est importante : le sujet n’est pas de désigner un fromage gagnant, mais de reconnaître des connaissances et des métiers qui permettent à une culture alimentaire de se perpétuer. L’objet patrimonial est ici une chaîne de savoir-faire, et non un monument ou une collection d’objets.

Une démarche collective commencée en 2020

Selon le CNRS, le projet a été engagé en 2020 sous l’impulsion d’Élise Demeulenaere, directrice de recherche au Centre Alexandre-Koyré, en collaboration avec le Conseil national des appellations d’origine laitières (CNAOL) et les acteurs mobilisés. Le communiqué associe ainsi le travail de recherche à celui des professionnels dépositaires de ces pratiques.

Cette approche correspond à la définition donnée par le ministère de la Culture : le patrimoine culturel immatériel rassemble des savoirs et des pratiques que les communautés font vivre et transmettent. La participation de ceux qui les exercent est centrale. Sauvegarder ne signifie donc pas seulement conserver des outils ; cela suppose aussi de maintenir les conditions de transmission des connaissances.

L’inventaire français n’est pas une liste de l’Unesco

Le ministère distingue explicitement les deux niveaux. En France, l’Inventaire national répertorie les pratiques reconnues. À l’international, la Convention de l’Unesco de 2003 prévoit des dispositifs d’inscription distincts. Figurer à l’inventaire national est l’un des critères permettant de candidater sur les listes concernées, pas une admission automatique.

C’est à cette échelle nationale que se situe l’annonce du CNRS. Elle donne une visibilité patrimoniale à l’ensemble des gestes et des personnes qui font vivre les fabrications au lait cru. Les deux documents consultés permettent d’établir cette reconnaissance et son cadre ; ils ne permettent pas d’annoncer une décision internationale ni de chiffrer ses effets futurs sur la filière.