Qu’est-ce qui fait une belle Ferrari ? Un long capot, une silhouette ramassée, la simplicité d’une courbe ou la franchise d’un aileron ? Selon l’époque, Maranello a répondu de façons presque opposées. C’est cette diversité que nous avons voulu retenir, en choisissant huit modèles dont le dessin mérite encore qu’on s’y attarde.
Notre sélection est subjective et présentée dans l’ordre chronologique, sans hiérarchie de prix, de puissance ou de rareté. Les dates sont celles de la présentation des modèles, pas les millésimes de chaque exemplaire cité dans les catalogues. Ce dossier propose une nouvelle lecture du sujet traité par l’ancienne page de PresseMag en 2020.
1. Ferrari 250 GTO — 1962 : la compétition dessine les courbes
La 250 GTO a été présentée en février 1962. Son développement aérodynamique, auquel a travaillé Giotto Bizzarrini, explique une part de son allure : une carrosserie tendue autour d’une architecture à moteur avant, avec un habitacle visuellement rejeté vers l’arrière.
Nous la retenons pour cette rencontre entre douceur des volumes et intention sportive. Son nez allongé et son arrière resserré produisent une impression de mouvement sans recourir à une accumulation d’ornements. Il n’est pas nécessaire de connaître sa cote pour apprécier cet équilibre.
2. Ferrari 250 GT/L Lusso — 1962 : l’élégance du grand voyage
Présentée au Salon de Paris à l’automne 1962, la Lusso porte une carrosserie dessinée par Pininfarina et réalisée par Scaglietti. Son nom annonce sa vocation de grand tourisme luxueux.
Notre préférence va ici à la légèreté de la partie vitrée, aux ailes doucement arrondies et à la façon dont le toit rejoint l’arrière. La Lusso nous paraît moins démonstrative qu’une voiture de course : elle donne surtout envie d’imaginer une route qui dure, avec une beauté que l’on découvre en suivant lentement son profil.
3. Ferrari 365 GTB/4 « Daytona » — 1968 : la force d’une ligne
La version de production est présentée à Paris en octobre 1968. Le surnom « Daytona », devenu indissociable du modèle, n’est pas sa désignation officielle. Le dessin de Leonardo Fioravanti chez Pininfarina habille une architecture à V12 avant.
Nous aimons le contraste entre le capot très long et l’arrière plus bref. La silhouette semble tracée d’un geste déterminé. Elle montre qu’une Ferrari peut imposer sa présence par ses proportions, sans adopter la disposition à moteur central que l’on associe volontiers aux supercars.
4. Dino 246 GT — 1969 : la beauté à échelle humaine
La Dino 246 GT apparaît en 1969, dans le prolongement de la 206 GT. Son V6 placé derrière l’habitacle accompagne une silhouette compacte, bien différente des grandes routières à V12. Elle appartient à l’histoire de Ferrari tout en ayant été commercialisée sous le nom Dino.
Ses ailes galbées et son pavillon arrondi lui donnent, à nos yeux, une expression moins intimidante. Son intérêt dans cette sélection tient à cette douceur : la sportivité peut être suggérée par un volume ramassé et des courbes continues, sans chercher à dominer visuellement tout ce qui l’entoure.
5. Ferrari 308 GTB — 1975 : le juste milieu
La 308 GTB associe le vocabulaire anguleux de son époque à des ailes encore souples. Les premiers exemplaires dits « vetroresina » possèdent une carrosserie en fibre de verre, particularité qui les distingue dans l’histoire du modèle.
Nous retenons surtout son profil : une pointe avant basse, un habitacle bien délimité et des prises d’air qui rythment les flancs. Elle nous semble faire le lien entre les petites sportives aux formes rondes et les silhouettes plus géométriques qui vont marquer la décennie suivante.
6. Ferrari Testarossa — 1984 : l’exubérance maîtrisée
Dévoilée à Paris en 1984, la Testarossa assume sa largeur et ses longues stries latérales. Elle ne cherche pas la discrétion de la Lusso : son identité se lit immédiatement dans ses flancs et dans son assise très large.
C’est précisément ce parti pris que nous apprécions. Les lignes horizontales donnent une cohérence graphique à une voiture spectaculaire. Même à l’arrêt, elle occupe l’espace. On peut préférer des dessins plus sobres ; difficile, en revanche, de lui reprocher de manquer de personnalité.
7. Ferrari F40 — 1987 : une beauté sans détour
Ferrari lance la F40 en 1987 pour son quarantième anniversaire. Sa vocation radicale se retrouve dans un dessin immédiatement reconnaissable, dominé par un grand aileron arrière et de multiples ouvertures.
Elle entre ici pour une raison différente des premières voitures : nous trouvons belle sa façon d’assumer la fonction mécanique. Les surfaces, les découpes et l’aileron donnent l’impression d’un objet construit autour d’un objectif précis. Cette sélection concerne la F40 routière, à distinguer des versions de compétition LM.
8. Ferrari 458 Italia — 2009 : la fluidité moderne
Présentée au Salon de Francfort en 2009, la 458 Italia renouvelle la berlinette à V8 central arrière. Dès son lancement, sa carrosserie intègre un travail aérodynamique jusque dans les petites ailettes déformables de la face avant.
Nous la retenons pour sa continuité visuelle : un avant affûté, un toit fluide et des volumes arrière qui paraissent prolonger le même mouvement. Elle apporte à cette sélection une expression plus moderne de la tension sportive, sans reprendre la monumentalité de la Testarossa.
Huit choix, plusieurs façons d’aimer le design
La GTO et la F40 racontent la fonction sportive ; la Lusso invite au voyage ; la Testarossa revendique le spectacle. Les comparer uniquement par leurs performances ferait perdre ce qui nous intéresse ici : leur façon différente de donner une forme à l’automobile.
Les références historiques et catalogues sont indiqués ci-dessous dans l’ordre des modèles. Les appréciations esthétiques sont celles de PresseMag. La couverture est une illustration conceptuelle générée par IA, pas une photographie ni une représentation technique exacte des huit voitures.



