Un même rapport met en cause les actes de deux États, sans les confondre. La mission internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU dit avoir des « motifs raisonnables » de penser que deux frappes américaines menées en Iran le 28 février 2026 pourraient constituer des crimes de guerre. Elle conclut parallèlement que de nombreuses violations commises par les autorités iraniennes lors de la répression des manifestations relèvent de crimes contre l’humanité.

Concernant les États-Unis, les experts examinent deux attaques qui auraient tué au moins 178 civils. La première a frappé l’école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab, où plus de 150 personnes auraient péri, dont environ 120 enfants. Selon la mission, le bâtiment scolaire était identifiable et constituait le point d’impact prévu, non un dommage collatéral causé par une frappe voisine. La seconde attaque aurait dispersé des projectiles de tungstène au-dessus d’un complexe sportif et d’une zone résidentielle à Lamerd, faisant 22 morts civils. Le commandement central américain a nié être responsable de cette seconde frappe ; Washington n’avait pas répondu aux demandes d’information de la mission au moment du rapport.

Le volet iranien décrit une répression déployée dans les 31 provinces depuis les manifestations commencées fin 2025. La mission fait état de tirs contre des foules, d’arrestations arbitraires, de torture, d’attaques contre des établissements de santé et d’un recours accru à la peine de mort. Elle rapporte qu’au moins 221 enfants auraient été tués et que plus de 70 personnes resteraient exposées à une exécution imminente. Les experts estiment que des actes tels que le meurtre, l’emprisonnement et la torture s’inscrivent dans une attaque généralisée et systématique contre des civils.

Ces conclusions ont une portée importante mais limitée. La mission n’est pas un tribunal et son rapport n’est pas une condamnation judiciaire. Elle a travaillé à partir de 73 entretiens, de documents, d’images satellitaires, de photographies, de vidéos et d’informations provenant d’organisations jugées crédibles. L’accès au terrain, les coupures d’internet et la coopération insuffisante des gouvernements américain et iranien ont entravé l’enquête.

L’enjeu est donc de tenir ensemble deux exigences : prendre au sérieux les éléments rassemblés et conserver la qualification prudente employée par les experts. La mission demande aux deux gouvernements de cesser les violations, d’accorder réparation aux victimes et de coopérer aux mécanismes d’établissement des responsabilités.