Peter Max, l’une des figures les plus reconnaissables du pop psychédélique américain, est mort lundi 14 septembre à Manhattan, à l’âge de 88 ans. Son fils a annoncé la disparition dans un communiqué, sans préciser de cause. L’artiste souffrait depuis plusieurs années d’une démence avancée.
Son œuvre est indissociable des années 1960 : couleurs saturées, paysages cosmiques, fleurs, colombes et figures en apesanteur ont donné une forme immédiatement lisible à l’optimisme du « flower power ». Mais son importance tient aussi à la circulation exceptionnelle de ces images. Elles ont quitté les galeries pour couvrir des affiches, des timbres, des vêtements, des objets domestiques, un avion et même un navire de croisière.
Né Peter Max Finkelstein à Berlin en 1937 dans une famille juive, il fuit l’Allemagne nazie alors qu’il est encore bébé. Sa famille passe par Shanghai, Israël et Paris avant de s’installer à New York, où il arrive à 16 ans. Après des études artistiques, il ouvre en 1961 un studio de graphisme avec des amis. Le succès public et commercial est rapide : Max dira plus tard que son travail avait été décliné sur environ 70 lignes de produits.
Cette diffusion massive lui a parfois valu d’être regardé avec distance par le monde de l’art. Elle constitue pourtant une part essentielle de son héritage : Max a brouillé les frontières entre peinture, design, publicité et culture populaire. Il a été artiste officiel de grands événements sportifs, de plusieurs Super Bowls à la Coupe du monde 1994, et a multiplié les portraits de personnalités. Le Museum of Modern Art de New York possède plusieurs de ses œuvres.
Son nom reste aussi entouré d’une confusion tenace : les visuels du film et de l’album « Yellow Submarine » des Beatles sont parfois attribués à Max, alors que le dessin est officiellement crédité à Heinz Edelmann. Cette mise au point n’enlève rien à l’influence réelle de Max sur l’imaginaire graphique de l’époque.
Ses dernières années ont été assombries par la maladie et des conflits familiaux autour de son œuvre et de ses finances. Son parcours demeure celui d’un artiste qui voulait placer des images lumineuses dans la vie quotidienne. Sa disparition referme une trajectoire où l’art contemporain et la culture de masse ont avancé dans les mêmes couleurs.



