À bord de l’avion qui le conduisait à Paris vendredi 25 septembre, Léon XIV a répondu en quelques mots à une question devenue très politique : les journalistes doivent-ils pouvoir couvrir les responsables publics sans exclusion sélective ? Interrogé par une journaliste de CNN sur les restrictions imposées à plusieurs médias américains par la Maison-Blanche, le pape a dit se réjouir que tous soient les bienvenus dans l’avion pontifical et a jugé importante une bonne couverture accessible à chacun.

Cette intervention ne constitue ni un discours officiel sur la politique américaine ni une condamnation détaillée de Donald Trump. Elle prend néanmoins un relief particulier. CNN, MS NOW et Politico venaient de retrouver une partie de leur accès à la Maison-Blanche après une décision judiciaire provisoire. Jeudi soir, CNN et MS NOW affirmaient encore que leurs équipes n’avaient pas pu couvrir l’arrivée du président chinois Xi Jinping au dîner d’État, selon l’Associated Press.

Le compte rendu de Vatican News confirme la réponse prononcée au cours des échanges informels avec plus de 80 journalistes de dix pays. Le pape les a remerciés pour leur travail, puis a également répondu à des questions sur l’intelligence artificielle, la crise migratoire à Ceuta et les incendies en Espagne. Il a expliqué que la commission vaticane poursuivait son dialogue avec les dirigeants du secteur de l’IA afin que cette technologie demeure un outil au service des humains.

L’AP replace la remarque dans une position plus ancienne de Léon XIV en faveur d’une presse libre et indépendante. Peu après son élection, il avait appelé à la libération des journalistes emprisonnés et défendu la liberté d’expression. L’agence rappelle toutefois que le Vatican limite lui-même l’accès de la presse indépendante à certaines rencontres privées et séances de photos : le contraste empêche de transformer la phrase du pape en principe appliqué sans exception.

L’intérêt de cette prise de position tient donc moins à sa longueur qu’au contexte. Un chef religieux mondial, lui-même exposé à une couverture permanente, répond à un conflit concret sur la sélection des journalistes. Son message reste mesuré : il ne tranche pas le contentieux américain, mais rattache l’accès des médias à la possibilité même de rendre compte des actes des figures publiques.