Le Parti authenticité et modernité (PAM) est arrivé en tête des élections législatives marocaines du 23 septembre, avec 97 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants, selon les résultats provisoires annoncés par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit. Le parti reste très loin des 198 sièges nécessaires à une majorité absolue : la prochaine étape sera donc la négociation d’une coalition.
Derrière lui, le Rassemblement national des indépendants (RNI), formation du gouvernement sortant, obtient 66 sièges. L’Istiqlal en recueille 65 et le Parti de la justice et du développement (PJD) 54. Ce dernier rebondit après son recul de 2021, lorsqu’il n’avait conservé que 13 élus. Le Mouvement populaire suit avec 29 sièges, puis l’Union socialiste des forces populaires avec 26.
Le taux de participation publié avec ces résultats provisoires s’établit à 38,08 %, contre 50,86 % en 2021 et 42,27 % en 2016. Une première communication diffusée à la clôture du vote indiquait 38,02 %. Cette faible mobilisation nourrit le débat sur la confiance envers les institutions élues, dans un pays où environ 15,8 millions de personnes étaient inscrites.
Le scrutin ne désigne pas directement le chef du gouvernement. En vertu de la Constitution de 2011, le roi Mohammed VI le nomme au sein du parti arrivé en tête. Le PAM devra ensuite réunir des partenaires capables de soutenir un exécutif. Reuters souligne que la prochaine coalition héritera notamment des investissements liés à la Coupe du monde 2030, de la lutte contre le chômage et des attentes sociales exprimées lors des mobilisations de jeunes.
Ces chiffres ne sont pas encore définitifs : les recours éventuels et la validation institutionnelle peuvent modifier la répartition. Ils dessinent toutefois un Parlement fragmenté, sans force dominante, et ouvrent une séquence de négociations où le choix du chef du gouvernement et des alliés du PAM sera décisif.



