Le recul de la pauvreté multidimensionnelle marque un coup d’arrêt. L’édition 2026 de l’indice mondial élaboré par le Programme des Nations unies pour le développement et l’Oxford Poverty and Human Development Initiative estime que 1,2 milliard de personnes vivent dans une pauvreté aiguë dans les 108 pays étudiés. Cela représente 18,9 % des 6,3 milliards d’habitants couverts par l’exercice.
L’indicateur ne mesure pas seulement le revenu. Il combine dix critères pondérés relevant de la santé, de l’éducation et des conditions de vie : nutrition, mortalité infantile, scolarité, eau potable, assainissement, électricité, logement ou encore biens essentiels. Une personne est classée comme pauvre multidimensionnelle lorsque son foyer cumule au moins un tiers des privations pondérées. Le rapport compte 617 millions d’enfants parmi les personnes concernées et situe 83 % d’entre elles en zone rurale.
Une hausse à lire avec méthode
Le PNUD annonce une augmentation de 51,5 millions de personnes par rapport à l’édition précédente, à périmètre comparable, la première depuis le lancement de l’indice en 2010. Cette évolution n’est toutefois pas la photographie d’une seule année mondiale. Treize pays disposent de nouvelles enquêtes dans l’édition 2026 ; pour 95 autres, l’actualisation des populations ajoute à elle seule 15,8 millions de personnes au total. Le reste combine changements de l’incidence de la pauvreté, évolutions démographiques et différences de couverture des indicateurs entre enquêtes.
Le Nigeria illustre la fragilité des progrès : après une amélioration dans les années 2010, le taux et le nombre de personnes concernées y ont augmenté dans les années 2020. À l’inverse, l’Égypte, le Népal et le Tadjikistan ont réduit à la fois leur taux et leur nombre de personnes touchées parmi les pays nouvellement mesurés.
Des progrès possibles, mais inégaux
Le bilan n’est donc pas uniformément négatif. Parmi 89 pays disposant de séries dans le temps, 33 ont réduit de moitié leur indice en moins de quinze ans, dont six en Afrique subsaharienne. Cette région reste néanmoins la plus touchée : 616 millions de personnes, soit 51,4 % de sa population couverte, vivent dans la pauvreté multidimensionnelle.
La couverture de Nairametrics reprend les résultats du rapport et apporte un éclairage nigérian, mais ne constitue pas une confirmation statistique indépendante. Les chiffres de référence restent ceux de la publication PNUD-Oxford et doivent être comparés avec leurs dates d’enquête, pas comme un compteur mondial en temps réel.



