Les barrages commencent à se lever, mais le conflit n’est pas réglé. Jeudi 17 septembre, les pêcheurs mobilisés contre la hausse du gazole ont rouvert les accès au port de Nice et au dépôt pétrolier de Frontignan. À Paris, leurs représentants se sont engagés auprès de la ministre déléguée Catherine Chabaud à débloquer les autres points de mobilisation.
Le mouvement, lancé en début de semaine, a touché plusieurs ports méditerranéens, notamment Fos-sur-Mer, Sète, Frontignan, Nice et Le Grau-du-Roi. À Nice, un ferry en provenance de Corse a dû être dérouté vers Savone. Les professionnels dénoncent à la fois le prix du carburant, le retard de certaines aides et les contraintes du plan européen de gestion de la Méditerranée. Ils demandent notamment un gazole maritime ramené à 60 centimes le litre.
La réponse immédiate du gouvernement repose sur deux leviers. L’aide au carburant doit être relevée de 25 à 35 centimes par litre. Pour les entreprises confrontées à un décalage de trésorerie avant le versement de ces aides, la ministre a annoncé la possibilité de prêts à taux zéro. Elle a aussi jugé que le plan de gestion méditerranéen n’était plus adapté à certaines réalités de la pêche française et promis d’en discuter avec Bruxelles.
Ces annonces expliquent la suspension des blocages, mais elles ne constituent pas encore une sortie de crise. Le prêt relais évite une rupture de trésorerie sans réduire durablement la dépendance au carburant. La révision des règles européennes prendra du temps et devra concilier viabilité économique des flottilles et protection des ressources halieutiques. Les désaccords sur les quotas de thon rouge et sur le nombre de jours de sortie restent également ouverts.
La levée des barrages est donc un apaisement opérationnel, pas un accord global. Les prochains versements d’aides, le prix réel payé à la pompe et les discussions avec la Commission européenne diront si la reprise du dialogue suffit à empêcher un nouveau mouvement.



