Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont augmenté en septembre, sous l’effet combiné des perturbations du transport maritime et de conditions météorologiques défavorables. L’indice publié le 2 octobre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture s’établit à 136,0 points, soit 1,5 % de plus qu’en août et 5,8 % au-dessus de son niveau de septembre 2025. Reuters le situe près d’un plus haut de quatre ans.
La hausse n’est pas uniforme. Le sucre enregistre le mouvement mensuel le plus fort, à +6,1 %. La FAO cite les perspectives de production plus serrées en Thaïlande, des pluies insuffisantes en Inde, de fortes précipitations au Brésil et la réduction des surfaces de betteraves dans l’Union européenne. Les céréales progressent de 5,1 %, notamment avec un blé en hausse de 6,3 % et un maïs à +5,6 %.
Les tensions logistiques en mer Noire et les incertitudes autour du détroit d’Ormuz soutiennent les cours, tout comme la sécheresse dans certaines zones de production. Les huiles végétales gagnent 0,9 %, portées par la demande d’huile de palme et les craintes sur les récoltes d’Asie du Sud-Est. À l’inverse, l’indice de la viande recule de 1,1 % et celui des produits laitiers de 0,1 %.
La FAO a parallèlement abaissé sa prévision de production céréalière mondiale en 2026. Elle anticipe 2,979 milliards de tonnes, 2,1 % de moins qu’en 2025, ce qui resterait néanmoins la deuxième récolte la plus importante jamais enregistrée. La production de blé a été révisée à la hausse grâce à de meilleures conditions en Australie, mais cette amélioration ne compense pas la baisse attendue des céréales secondaires dans l’Union européenne et aux États-Unis.
Cet indice mesure des prix de gros internationaux, pas directement le ticket de caisse. Le passage aux prix payés par les ménages varie selon les taux de change, les contrats d’approvisionnement, le coût de l’énergie, la fiscalité et la concurrence locale. Les pays fortement dépendants des importations alimentaires et énergétiques sont toutefois les plus exposés si la hausse persiste.
Le signal de septembre est donc moins celui d’une pénurie globale immédiate que d’une chaîne alimentaire devenue plus vulnérable à l’addition des chocs climatiques, géopolitiques et logistiques.



