Les quatre principaux championnats européens masculins ont publié vendredi 25 septembre un appel commun à une réforme profonde de la gouvernance de la FIFA. La Premier League anglaise, la Bundesliga allemande, LaLiga espagnole et la Serie A italienne veulent profiter de la prochaine élection présidentielle de l’instance, prévue en 2027, pour inscrire de nouveaux contre-pouvoirs dans son fonctionnement.
Trois changements demandés
Les ligues proposent d’abord la création d’un organe permanent représentant les fédérations nationales, les championnats, les clubs et les joueurs des footballs féminin et masculin. Cet organe ne serait pas seulement consultatif : son accord serait requis pour les décisions qui touchent directement le calendrier, l’emploi des joueurs, les compétitions et les actifs majeurs du football.
Elles réclament ensuite que chaque projet important repose sur un motif explicite, des preuves publiées et une évaluation indépendante de ses effets sur les joueurs, clubs, ligues et supporters. Enfin, elles veulent séparer plus clairement le rôle réglementaire de la FIFA de son activité commerciale d’organisateur de compétitions. Les organes d’éthique, de contrôle financier et électoral devraient disposer de nominations, de budgets et de pouvoirs réellement indépendants de l’administration et de la présidence.
Le calendrier et les compétitions au cœur du conflit
Le texte intervient après l’abandon du projet FIFA Forward Enterprise, qui envisageait d’associer des investisseurs privés à certaines activités et compétitions. Les ligues estiment que cet épisode révèle un problème structurel, pas seulement une erreur de procédure. Elles rappellent aussi leur plainte déposée en octobre 2024 auprès de la Commission européenne au sujet du calendrier international et du double rôle de régulateur et d’acteur commercial de la FIFA.
L’appel reste, à ce stade, une proposition politique sans effet contraignant. Il demande aux candidats à la présidence de la FIFA de publier un programme de réforme et au futur élu de convoquer, dans ses cent premiers jours, une convention indépendante chargée de rendre un rapport public dans les six mois. La portée concrète dépendra donc de l’adhésion d’autres confédérations, fédérations, syndicats de joueurs et autorités publiques. Mais l’alliance de quatre ligues habituellement concurrentes donne un poids inhabituel à cette offensive institutionnelle.



