Le Royaume-Uni franchit une nouvelle étape vers l’encadrement complet des cryptoactifs. La Financial Conduct Authority a publié le 16 septembre ses orientations définitives sur le périmètre du futur régime : elles doivent aider les entreprises à déterminer si leurs activités nécessiteront une autorisation du régulateur.
Le document couvre notamment l’émission de stablecoins qualifiés, l’exploitation de plateformes de négociation, la négociation ou l’organisation de transactions, la conservation de cryptoactifs et certains services de staking. Les entreprises déjà autorisées dans la finance traditionnelle pourront avoir besoin d’étendre leurs permissions ; celles qui sont seulement enregistrées au titre des règles anti-blanchiment ne seront pas automatiquement converties.
Le calendrier est important. Le guichet de demandes ouvre le 30 septembre 2026 et la fenêtre permettant de bénéficier des dispositions transitoires se ferme le 28 février 2027. Le régime obligatoire doit entrer en vigueur le 25 octobre 2027. Jusqu’à cette date, l’encadrement britannique reste principalement centré sur la promotion financière et la lutte contre le blanchiment, selon la FCA.
Les orientations du jour ne constituent pas pour autant la dernière version de chaque détail. Le gouvernement a apporté des exclusions et clarifications ciblées, et la FCA prévoit une nouvelle consultation à l’automne sur les stablecoins, le trading pour compte propre, certains fournisseurs techniques, les protocoles décentralisés, la conservation et les promotions financières. Les entreprises doivent donc préparer leur dossier sans supposer que toutes les questions de frontière sont définitivement closes.
Pour les utilisateurs, une autorisation future ne supprimera ni la volatilité, ni les pertes possibles, ni les risques technologiques. Elle doit surtout imposer un cadre comparable à celui d’autres services financiers : gouvernance, solidité financière, traitement des clients et surveillance des abus de marché. Pour les acteurs étrangers visant des clients britanniques, la question centrale devient moins le lieu d’implantation que l’activité réellement fournie au Royaume-Uni.
La nouveauté est donc pratique : le marché connaît désormais le test réglementaire à appliquer et la date à laquelle déposer son dossier. La mise en œuvre, elle, se jouera encore sur plus d’un an.



