La Chambre des représentants américaine a adopté mercredi 16 septembre, par 262 voix contre 159, un projet de loi qui renforce la pression économique sur la Russie. Le Sénat avait approuvé une version du texte le mois précédent par 86 voix contre 11. Pour entrer en vigueur, la mesure doit encore être promulguée par le président Donald Trump.
Banques, responsables et « flotte fantôme »
Le dispositif vise des responsables russes, des banques et des navires soupçonnés d’aider Moscou à contourner les restrictions sur ses exportations d’énergie. Il élargit aussi la capacité de l’exécutif à sanctionner des secteurs considérés comme stratégiques pour l’effort de guerre, notamment l’énergie et la défense.
La disposition la plus sensible concerne les partenaires commerciaux de la Russie. Le texte autorise des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les importations provenant des cinq principaux acheteurs de pétrole ou de gaz russes. Une exception est prévue lorsque ces achats représentent moins de 15 % des importations énergétiques du pays concerné et que celui-ci prend des mesures pour les réduire.
Un levier puissant, mais politiquement risqué
Les promoteurs du texte estiment que la menace de droits de douane peut convaincre les acheteurs d’énergie russe de réduire leurs commandes et ainsi peser sur les recettes de Moscou. Ses opposants redoutent au contraire un outil très large, susceptible de toucher des alliés des États-Unis, d’alimenter les tensions commerciales ou de renchérir certains produits pour les consommateurs américains.
L’Associated Press et CBS décrivent aussi un débat sur l’étendue de la marge laissée à la Maison-Blanche. Le texte donne au président un pouvoir important pour appliquer, suspendre ou adapter les mesures selon les négociations diplomatiques.
Le vote constitue donc un signal politique fort, mais pas encore une sanction effective. La portée réelle du dispositif dépendra de la signature présidentielle, de ses décrets d’application et de la manière dont Washington ciblera les pays acheteurs sans fracturer ses propres alliances.



