Taïwan a achevé le 18 septembre trois jours d’exercices à tirs réels dans le comté méridional de Pingtung. Pour la première fois, plusieurs types de drones d’attaque ont été intégrés à une manœuvre interarmées avec des systèmes conventionnels. Le président Lai Ching-te a assisté à la séquence sur la base de Jiupeng et présenté cette coordination comme une adaptation aux formes contemporaines de guerre.
D’après le compte rendu de l’agence taïwanaise CNA, les forces ont travaillé la défense aérienne commune, les contre-frappes, la coordination mer-air, les frappes côtières et la défense du littoral. Les images diffusées par la présidence montrent notamment des missiles antinavires Hsiung Feng III, des systèmes sol-air Tien Kung III et des lance-roquettes américains HIMARS. La présidence n’a pas précisé les modèles de drones d’attaque engagés ni publié d’évaluation indépendante de leurs performances.
L’exercice a une portée politique autant que militaire. Il intervient avant une rencontre prévue le 24 septembre aux États-Unis entre Donald Trump et Xi Jinping. Pékin revendique Taïwan comme une province et n’exclut pas l’usage de la force. Washington, de son côté, est tenu par sa législation de fournir à l’île les moyens de se défendre, sans pour autant reconnaître Taïwan comme un État indépendant. Les ventes d’armes américaines sont ainsi devenues un levier sensible dans les discussions sino-américaines.
Selon Associated Press, Donald Trump a reporté après sa rencontre de mai un projet de vente d’armes à Taïwan estimé à 14 milliards de dollars, tout en qualifiant ces ventes d’outil de négociation avec Pékin. Ce contexte alimente à Taipei les interrogations sur la solidité du soutien américain. Les forces taïwanaises doivent poursuivre leurs exercices la semaine suivante, notamment avec des systèmes HIMARS récemment acquis et des simulateurs de missiles Stinger.
La démonstration ne permet pas à elle seule de mesurer un nouvel équilibre militaire dans le détroit. Elle montre en revanche la priorité donnée par Taïwan à l’intégration de drones moins coûteux dans une chaîne de commandement et de feu plus large, plutôt qu’à leur emploi isolé. C’est cette capacité de coordination, encore difficile à évaluer depuis l’extérieur, que Taipei entend mettre en avant.



