De nouvelles informations sur les combats au Tigray ravivent les inquiétudes humanitaires. Une dépêche Reuters diffusée par Sight Magazine le 6 octobre rapporte des frappes aériennes et des échanges d’artillerie survenus dans la nuit précédant lundi puis lundi matin dans cette région du nord de l’Éthiopie. Le bilan cité provient d’un bulletin circulant parmi des organisations humanitaires, et non d’un décompte indépendant achevé.
Ce document fait état d’au moins 17 morts : neuf à Adwa et huit à Sheraro. Il n’identifie pas l’auteur des frappes aériennes. Un autre travailleur humanitaire a confirmé à Reuters des frappes à Adwa, sans pouvoir renseigner les pertes humaines. Les porte-parole du gouvernement, de l’armée fédérale et du Front de libération du peuple du Tigray n’avaient pas répondu aux demandes de réaction rapportées par l’agence.
Une alerte qui dépasse la région
Dans une déclaration datée du 5 octobre, l’Union européenne demande une désescalade immédiate. Elle s’inquiète particulièrement des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée et estime qu’elles risquent d’étendre le conflit à la Corne de l’Afrique. Il s’agit d’une appréciation diplomatique du risque, pas de l’annonce qu’une guerre régionale serait déjà engagée.
L’UE appelle les parties à appliquer pleinement l’accord de cessation permanente des hostilités dans le cadre de l’Union africaine. Elle insiste sur la protection des civils, l’accès humanitaire sans entrave et le respect de la souveraineté des États. Elle demande aussi aux acteurs extérieurs de s’abstenir d’intervenir et de privilégier la diplomatie.
Les déclarations ne valent pas retour au calme
Le 6 octobre, l’agence publique éthiopienne ENA rapporte que le président Taye Atske Selassie présente la réconciliation et les solutions pacifiques comme des priorités gouvernementales. Cette communication officielle renseigne sur la position affichée d’Addis-Abeba ; elle ne confirme ni l’arrêt des combats ni les bilans évoqués par les humanitaires.
La distinction est essentielle pour suivre cette crise : des frappes sont rapportées, leurs conséquences demeurent incomplètement vérifiées, et les appels à la paix restent à traduire en actes. La sécurité des habitants et la possibilité d’acheminer l’aide constituent les premiers résultats concrets à surveiller.



