Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche 20 septembre à Paris, Marseille, Lyon, Toulouse et dans plusieurs autres villes françaises contre une proposition de loi modifiant le régime applicable aux tirs des policiers et des gendarmes. À Paris, la préfecture de police a compté 21 000 participants. Les autorités ont également annoncé environ 4 500 manifestants à Marseille, 4 500 à Lyon et 3 700 à Toulouse, selon le décompte rapporté par l’AFP.
Le mouvement, soutenu notamment par Amnesty International France, la Ligue des droits de l’Homme et plusieurs organisations de gauche, conteste une présomption selon laquelle les forces de l’ordre auraient agi dans un cadre légal lorsqu’elles utilisent leur arme. Les organisateurs parlent d’un risque d’affaiblissement des enquêtes et de la charge de la preuve. Cette appréciation est leur position : elle ne constitue pas, à ce stade, une décision de justice sur les effets du texte.
La version adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 7 juillet 2026 précise que cette présomption peut être renversée par tout élément de preuve contraire. Elle maintient aussi les exigences d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité. Le texte ajoute par ailleurs une possibilité de tir pour empêcher, dans un temps rapproché, la réitération probable de meurtres ou de tentatives de meurtre, lorsque les agents disposent de raisons réelles et objectives de l’estimer.
Le débat porte donc autant sur la règle juridique que sur ses conséquences pratiques. Les opposants redoutent que la présomption complique la collecte rapide de preuves après un tir. Les défenseurs du dispositif estiment au contraire qu’il éviterait de traiter automatiquement comme suspects des agents ayant agi dans les conditions prévues par la loi.
La proposition n’est pas définitivement adoptée : son examen au Sénat reste à venir. Les manifestations du 20 septembre visaient précisément à peser sur cette prochaine étape parlementaire. À Paris, l’AFP a observé un recours bref aux gaz lacrymogènes en fin de cortège et une vitrine brisée, sans que ces incidents ne résument l’ensemble d’une mobilisation qui s’est déroulée dans de nombreuses villes.



