L’incendie déclaré le 19 septembre dans les montagnes de Villa de Leyva, en Colombie, restait actif lundi soir, mais les autorités annonçaient une progression nette des opérations. L’Unité nationale de gestion des risques de catastrophes (UNGRD) évaluait le sinistre comme contrôlé à 75 %, avec deux foyers encore actifs. Dans les zones proches des habitations, le feu était présenté comme confiné et ne constituait plus, à ce stade, une menace immédiate pour les communautés.
Le bilan environnemental s’est toutefois fortement alourdi à mesure que les reconnaissances aériennes ont précisé l’étendue des dégâts. L’UNGRD estimait à environ 1 200 hectares la surface affectée, dont quelque 715 hectares dans le sanctuaire de faune et de flore d’Iguaque. Ce secteur protégé, difficile d’accès par voie terrestre, concentrait les largages d’eau. Trois hélicoptères avaient effectué 75 rotations dans la journée, tandis qu’environ 250 personnes étaient mobilisées au sol.
Les premières estimations relayées dimanche par Associated Press étaient beaucoup plus basses : environ 290 hectares brûlés et un feu contrôlé à 50 %. Cette différence reflète surtout le décalage horaire entre les bilans et l’amélioration des observations ; elle rappelle qu’une superficie annoncée pendant un incendie reste provisoire. AP rapportait aussi des évacuations préventives, la suspension des cours en présentiel et une mobilisation dépassant 400 intervenants, habitants et volontaires au plus fort de la réponse.
La cause du feu n’est pas établie. Des responsables ont évoqué une possible origine humaine, mais l’enquête est toujours en cours. Aucune hypothèse ne doit donc être présentée comme un fait.
L’épisode dépasse le seul site touristique de Villa de Leyva. AP recensait 19 feux encore actifs en Colombie et 279 municipalités sous un niveau d’alerte, dont 36 en alerte rouge. Les conditions sèches et les vents forts compliquent les opérations alors que le pays se prépare aux effets d’un épisode El Niño. Le lien entre ce feu précis et le changement climatique ne peut être isolé à partir de ces seuls bilans ; le risque régional, lui, est clairement aggravé par la sécheresse, la chaleur et l’exposition des écosystèmes.



