Amazon renforce son assurance contre les pannes électriques au moment où l’essor de l’intelligence artificielle accélère la construction de centres de données. Le groupe a conclu le 16 septembre avec Generac un accord de fourniture à long terme de générateurs de secours. Un document déposé par le fabricant auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) chiffre à 2,4 milliards de dollars les premières livraisons attendues en 2027 et 2028.

Le même dépôt mentionne un seuil pouvant atteindre 8 milliards de dollars, mais cette somme ne doit pas être lue comme un revenu déjà garanti. Elle représente le montant cumulé de paiements qui permettrait à Amazon d’acquérir progressivement la totalité d’un bon de souscription portant sur 1 693 745 actions Generac. Le prix d’exercice a été fixé à 200,9266 dollars par action et 307 954 titres sont devenus immédiatement exerçables. Le reste dépendra des achats effectivement réalisés, jusqu’en septembre 2033.

Cette architecture lie donc une relation industrielle à un intéressement financier. Pour Generac, spécialiste historique de l’alimentation de secours, le contrat offre une visibilité rare sur plusieurs années. Pour Amazon, il sécurise une partie d’un équipement devenu stratégique : les data centers ne peuvent tolérer une interruption, même lorsque le réseau local est saturé ou qu’un événement extrême perturbe l’approvisionnement. Reuters rapporte que l’action Generac a bondi de plus de 40 % dans les échanges prolongés après l’annonce.

L’accord éclaire aussi une limite du boom des infrastructures numériques. Les générateurs ne créent pas de capacité permanente sur le réseau : ils prennent le relais en cas de défaillance ou répondent à des besoins temporaires. Leur multiplication peut améliorer la résilience d’un site, mais elle ne résout ni les délais de raccordement ni le besoin de nouvelles capacités électriques. Le type de carburant, le nombre exact d’unités et les sites concernés ne sont pas détaillés dans le dépôt.

À ce stade, les chiffres fermes sont donc ceux des livraisons initiales attendues. Le plafond de 8 milliards dépendra du rythme réel des achats d’Amazon ; il mesure l’ampleur potentielle de la relation, pas son résultat acquis.