La Réserve fédérale américaine a choisi de resserrer de nouveau sa politique monétaire. Réuni le 16 septembre, son comité de politique monétaire a relevé à l’unanimité la cible des taux des fonds fédéraux d’un quart de point, dans une fourchette de 3,75 % à 4 %. C’est la première hausse depuis 2023.
La décision répond à une inflation que la Fed juge encore trop élevée. Dans son communiqué, l’institution décrit une activité économique qui progresse à un rythme solide, des dépenses intérieures résistantes, un investissement robuste et un marché du travail globalement stable. Autrement dit, l’économie ne montre pas le ralentissement qui aurait rendu un durcissement beaucoup plus risqué. La banque centrale estime que cette hausse doit accélérer le retour vers son objectif d’inflation de 2 %.
Pour les ménages et les entreprises, l’effet n’est pas mécanique ni instantané, mais la direction est claire. Le taux directeur influence le coût auquel les banques se financent et, à terme, les taux des cartes de crédit, prêts automobiles, crédits immobiliers et emprunts d’entreprise. L’Associated Press relève que la mesure pourrait donc maintenir une pression sur le coût du crédit alors que les prix de l’énergie, de l’alimentation et du logement pèsent déjà sur les budgets.
La Fed a également relevé à 3,90 % le taux servi sur les réserves bancaires à compter du 17 septembre. Ses projections, rapportées par AP, suggèrent qu’une nouvelle hausse reste possible d’ici la fin de l’année. Cette trajectoire n’est cependant pas une promesse : elle dépendra des prochains chiffres d’inflation, d’emploi et d’activité.
La portée politique est notable. La hausse intervient malgré les demandes publiques de baisse des taux formulées par Donald Trump. Le président de la Fed, Kevin Warsh, devra désormais convaincre que la banque centrale agit sur les données et non sous pression. Pour les marchés comme pour les emprunteurs, le message immédiat est plus simple : la lutte contre l’inflation redevient prioritaire, même au prix d’un argent plus cher.



